Histoire des rois et reines

Quel roi de France a été exécuté pendant la Révolution française ?

La réponse

Le roi Louis XVI a été exécuté le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution à Paris, marquant la fin de la monarchie absolue en France. Son exécution a suivi son procès par la Convention nationale, qui l'a jugé coupable de trahison. Cet événement a profondément marqué l'histoire française et européenne.

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Le 21 janvier 1793, la place de la Révolution à Paris devint le théâtre d’un événement sans précédent dans l’histoire de France : l’exécution de Louis XVI. Ce geste radical, porté par la Convention nationale, scella la rupture définitive avec l’Ancien Régime et la monarchie absolue. Mais au-delà de la date et du lieu, cette condamnation révèle les tensions extrêmes d’une Révolution qui bascula dans la violence politique. Comment un roi, sacré à Reims et détenteur d’un pouvoir millénaire, en vint-il à monter sur l’échafaud place de la Révolution ?

La fin d’un règne millénaire

Louis XVI, roi de France depuis 1774, incarna d’abord l’image d’un monarque éclairé, héritier d’une dynastie remontant aux Mérovingiens. Son règne fut marqué par des tentatives de réformes, comme l’abolition des corvées en 1779 ou le soutien aux idées des Lumières, mais aussi par des crises financières profondes. L’accumulation des dettes, aggravée par le soutien à la guerre d’Indépendance américaine, affaiblit considérablement son autorité. Lorsque les États généraux furent convoqués en 1789, Louis XVI, contrairement à ses prédécesseurs, ne put éviter la convocation des trois ordres, déclenchant un processus qui allait mener à la Révolution.

Le procès d’un roi déchu

Après la prise des Tuileries en août 1792 et la proclamation de la République, Louis XVI fut emprisonné à la Tour du Temple. Son procès s’ouvrit en décembre 1792 devant la Convention nationale, où il fut accusé de conspiration contre la liberté de la nation. Les débats furent vifs : certains députés, comme Robespierre, exigeaient sa condamnation à mort, tandis que d’autres proposaient une peine moins radicale. Le 15 janvier 1793, la Convention vota la culpabilité du roi à une large majorité, puis décida de sa mise à mort par 361 voix contre 360. Cette division illustre les fractures politiques qui traversaient alors la jeune République.

Un exécution symbolique

L’exécution de Louis XVI eut lieu place de la Révolution, actuelle place de la Concorde, où fut dressé l’échafaud. Le roi, vêtu d’un habit gris et d’une redingote marron, monta sur la plateforme vers 10h20. Selon les témoignages, il aurait tenté de s’adresser à la foule, mais le tambour couvrit ses paroles. La lame de la guillotine tomba à 10h22. Cet événement, retransmis par des gravures et des récits, fut perçu différemment selon les observateurs : pour les révolutionnaires, il marquait la victoire de la justice populaire ; pour les monarchies européennes, il représentait une menace sans précédent. La place de la Révolution devint dès lors un lieu chargé de symboles politiques.

Réactions en Europe et conséquences politiques

La nouvelle de l’exécution de Louis XVI provoqua une onde de choc en Europe. Les monarchies étrangères, déjà en guerre contre la France révolutionnaire depuis l’été 1792, y virent une provocation. La Première Coalition, formée en 1793, regroupa l’Autriche, la Prusse, l’Espagne, les Provinces-Unies et le Royaume-Uni, déterminés à écraser la Révolution. En France, l’exécution radicalisa les divisions : les Girondins, modérés, furent progressivement marginalisés au profit des Montagnards, plus intransigeants. La Terreur, instaurée en 1793-1794, fut en partie justifiée comme une réponse à la menace intérieure et extérieure que représentait cette condamnation royale.