Histoire de France

Quel roi de France a été décapité lors de la Révolution française le 21 janvier 1793 ?

La réponse

Louis XVI.

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Le roi de France décapité pendant la Révolution française le 21 janvier 1793 est Louis XVI. Son exécution, réalisée à la guillotine sur la place de la Révolution à Paris, actuelle place de la Concorde, intervient quelques mois après l’abolition de la monarchie. Elle constitue l’un des épisodes les plus marquants de la Révolution, car elle transforme la chute du souverain en rupture publique et irréversible avec l’ordre monarchique de l’Ancien Régime.

Un règne bouleversé par la Révolution

Né en 1754, Louis-Auguste devient roi sous le nom de Louis XVI en 1774, à la mort de son grand-père Louis XV. Son règne commence dans un contexte de difficultés financières et politiques qui s’aggravent au fil des années. Les projets de réforme soutenus notamment par Turgot et Necker se heurtent aux résistances des corps privilégiés et aux divisions de la société française. La convocation des États généraux en 1789 ouvre une crise qui débouche sur la transformation des institutions, la prise de la Bastille et l’adoption de la Constitution de 1791, établissant une monarchie constitutionnelle. La fuite à Varennes, en juin 1791, affaiblit encore la confiance envers le roi, soupçonné de vouloir rejoindre des forces favorables à la monarchie.

De la chute de la monarchie au procès

Après l’insurrection du 10 août 1792, Louis XVI est suspendu de ses fonctions et placé sous surveillance avec sa famille. Le 21 septembre 1792, la Convention nationale abolit la royauté et la France devient une république. L’ancien souverain, désormais désigné dans les actes sous le nom de Louis Capet, est ensuite jugé par la Convention nationale. Il est notamment accusé de conspiration contre la liberté de la nation et de trahison, en raison de ses actes politiques et de ses relations avec les puissances étrangères. Ce procès n’est pas conduit par le Tribunal révolutionnaire, qui n’existe pas encore au moment de sa condamnation : c’est la Convention elle-même qui débat de sa culpabilité et de sa peine. Le 15 janvier 1793, les députés le déclarent coupable, puis votent sa condamnation à mort le 17 janvier, à une très faible majorité.

L’exécution du 21 janvier 1793

Louis XVI est conduit à l’échafaud le 21 janvier 1793. La sentence est exécutée publiquement par guillotine sur la place de la Révolution. L’événement frappe les esprits en France et en Europe : pour les révolutionnaires les plus déterminés, il affirme la souveraineté de la nation et l’impossibilité de restaurer immédiatement l’ancien pouvoir royal ; pour les monarchistes et les cours européennes, il représente la mise à mort d’un souverain légitime. L’exécution contribue à accentuer la rupture diplomatique entre la France révolutionnaire et plusieurs monarchies européennes, tandis qu’elle nourrit les divisions politiques et les affrontements qui se développent à l’intérieur du pays. La mort du roi devient ainsi un symbole durable, interprété tantôt comme un acte de justice révolutionnaire, tantôt comme un régicide.

Une rupture majeure, mais pas la fin de toute monarchie

L’exécution de Louis XVI ne met pas fin définitivement à la monarchie en France : celle-ci est restaurée avec Louis XVIII en 1814, après une interruption liée aux Cent-Jours en 1815, puis avec Charles X en 1824. La monarchie de Juillet, dirigée par Louis-Philippe, lui succède en 1830 avant la proclamation de la Deuxième République en 1848. La mort de Louis XVI marque donc la fin de la monarchie française de l’Ancien Régime et le début d’une nouvelle phase républicaine, mais elle ne supprime pas durablement la possibilité d’un retour des Bourbons ni celle d’un régime monarchique sous une autre forme.

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