Histoire des rois et reines

Quel roi anglais a signé la Magna Carta en 1215 ?

La réponse

La Magna Carta a été signée par le roi Jean sans Terre en 1215, sous la pression des barons anglais. Ce document historique est considéré comme l'un des fondements du droit constitutionnel moderne, établissant des principes comme le droit à un procès équitable et limitant le pouvoir absolu du roi.

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La Magna Carta de 1215 est associée au roi Jean sans Terre, qui l’accepta sous la pression des barons anglais. Son règne, commencé en 1199 après la mort de son frère Richard Cœur de Lion, était fragilisé par les conflits avec une partie de la noblesse, les difficultés financières de la monarchie et les revers militaires en France. La charte fut élaborée dans ce contexte de crise et scellée à Runnymede, près de la Tamise, en juin 1215.

Une crise entre le roi et les barons

Jean sans Terre était le cinquième fils du roi Henri II et d’Aliénor d’Aquitaine. Il devint roi après Richard Cœur de Lion, mais son accession fut contestée par les partisans de son neveu Arthur de Bretagne. Les années suivantes furent marquées par la perte progressive de territoires français au profit du roi Philippe II Auguste, ainsi que par les efforts de Jean pour financer ses campagnes et préserver son autorité. Les impôts, les amendes et les obligations financières imposés par la Couronne alimentèrent le mécontentement des barons. En 1215, plusieurs d’entre eux se révoltèrent et prirent Londres, contraignant le roi à négocier.

La charte de Runnymede

Les négociations aboutirent à la Magna Carta, généralement présentée comme une charte de 63 clauses. Jean sans Terre la scella à Runnymede le 15 juin 1215, même si le texte fut ensuite formellement établi et diffusé sous forme de copies. Le document répondait d’abord aux revendications des barons : il cherchait notamment à encadrer certaines exigences financières du roi et à garantir les droits et les privilèges de différents groupes du royaume. Il ne s’agissait pas d’un texte démocratique au sens moderne, mais d’un accord féodal destiné à mettre fin à une confrontation politique précise.

Des principes devenus durables

Certaines dispositions de la Magna Carta ont acquis une portée bien plus large que celle envisagée en 1215. La clause 39, notamment, affirme qu’aucun homme libre ne doit être arrêté, emprisonné, privé de ses biens ou exilé sans jugement légal de ses pairs ou sans l’application de la loi du pays. Elle est souvent rapprochée du principe du droit à un procès équitable et de l’idée que le pouvoir royal doit respecter la loi. La charte de 1215 fut toutefois annulée peu après par le pape Innocent III, à la demande de Jean sans Terre, et le conflit reprit entre le roi et les barons.

Une postérité construite au fil des siècles

La Magna Carta fut rééditée sous le règne du jeune Henri III, après la mort de Jean sans Terre en 1216, puis confirmée et remaniée à plusieurs reprises. La plus grande partie du texte concernait les circonstances politiques et sociales du XIIIe siècle, mais quelques clauses ont continué à être invoquées au fil du temps pour défendre la limitation du pouvoir et la protection contre l’arbitraire. Son importance dans l’histoire du droit constitutionnel moderne tient donc moins à son application immédiate qu’à la réinterprétation de certains de ses principes. Le roi qui l’accepta en 1215 était bien Jean sans Terre, mais la portée historique de la charte s’est développée longtemps après la crise qui lui donna naissance.

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