Quel procédé de cinéma sonore a été présenté publiquement en 1923 ?
La réponse
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En avril 1923, le cinéma sonore franchit une étape décisive à New York avec la présentation publique de courts métrages utilisant le Phonofilm, un procédé mis au point par l’inventeur américain Lee de Forest. Les projections ont lieu au Rivoli Theatre et montrent qu’il est possible d’associer durablement une image filmée à une piste sonore enregistrée sur la pellicule elle-même. Cette démonstration précède de plusieurs années les films généralement considérés comme les grands déclencheurs du cinéma parlant.
Le principe du Phonofilm
Le Phonofilm est un procédé de son optique, également appelé son sur film. Au lieu d’enregistrer le son sur un disque séparé, le système inscrit sur la pellicule une représentation photographique des vibrations sonores, à côté des images. Lors de la projection, cette piste est lue par un dispositif optique, puis transformée en signal électrique et diffusée par des haut-parleurs. Le son et l’image restent ainsi réunis sur le même support, ce qui limite les problèmes de synchronisation liés aux procédés reposant sur des disques distincts.
Une démonstration composée de courts métrages
La séance du Rivoli Theatre ne correspond pas à la sortie d’un long métrage parlant tel qu’on les connaîtra quelques années plus tard. Elle présente plusieurs courts métrages sonores conçus pour mettre en valeur les possibilités du Phonofilm. L’événement constitue surtout une démonstration publique : il permet au public new-yorkais de voir des images accompagnées d’un son synchronisé et attire l’attention sur une solution technique différente de celles alors expérimentées par les studios. Cette présentation de 1923 est donc directement liée au procédé Phonofilm de Lee de Forest, et non au Vitaphone.
Phonofilm et Vitaphone, deux techniques différentes
La distinction entre les deux systèmes est essentielle. Le Phonofilm grave la piste sonore sur la pellicule, tandis que le Vitaphone, utilisé plus tard par Warner Bros., associe la projection à un disque phonographique. Don Juan, présenté en 1926, appartient à cette seconde tradition : ce long métrage comportait une musique et des effets sonores synchronisés, mais pas de dialogues parlés. Il ne peut donc pas être identifié à la présentation publique de 1923, qui concernait les courts métrages du Phonofilm.
Une étape avant les grands succès du parlant
Le Phonofilm n’a pas immédiatement imposé le son optique dans toute l’industrie cinématographique, mais sa présentation au Rivoli Theatre a prouvé publiquement qu’une projection sonore synchronisée était réalisable. Les dates des œuvres célèbres doivent être distinguées de cette première démonstration : Don Juan date de 1926, tandis que Le Chanteur de jazz est sorti en 1927. L’événement de 1923 appartient donc à une phase pionnière, antérieure à la généralisation commerciale des longs métrages sonores.
