Quel président français a nationalisé les grandes banques et entreprises en 1981 ?
La réponse
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L’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, en mai 1981, ouvre une nouvelle étape de la politique économique française. Le nouveau chef de l’État et le gouvernement dirigé par Pierre Mauroy mettent en œuvre une partie du programme de la gauche, qui prévoit une intervention accrue de l’État dans l’économie. Une vaste vague de nationalisations est ainsi engagée entre 1981 et 1982. Elle concerne notamment de grandes banques et plusieurs groupes industriels, avec l’ambition de placer des secteurs jugés stratégiques sous contrôle public.
Une extension du secteur public
Les nationalisations consistent à transférer à l’État la propriété d’entreprises auparavant privées, généralement en indemnisant leurs actionnaires. La mesure touche de grandes banques, mais aussi des groupes industriels importants. Elle s’inscrit dans une volonté de renforcer la maîtrise publique de domaines considérés comme essentiels à l’indépendance économique du pays, notamment la sidérurgie, l’industrie et l’énergie. Il ne s’agit toutefois pas de créer ex nihilo un secteur public : plusieurs entreprises énergétiques, comme EDF et GDF, étaient déjà publiques depuis les nationalisations de l’après-guerre. La décision de 1981-1982 élargit donc surtout l’emprise de l’État sur les banques et sur de grands groupes industriels.
Les objectifs de la gauche
Cette politique prolonge les orientations du Programme commun signé en 1972 par le Parti socialiste, le Parti communiste français et le Mouvement des radicaux de gauche. Ses promoteurs veulent donner à l’État les moyens d’orienter le crédit, les investissements et la stratégie industrielle. Le contrôle des banques doit notamment faciliter le financement de secteurs considérés comme prioritaires et permettre une action économique davantage coordonnée par les pouvoirs publics. Les nationalisations sont également présentées comme un instrument de lutte contre les inégalités sociales : la puissance publique entend mieux répartir les richesses et accompagner les mesures sociales du début du septennat de François Mitterrand. Elles répondent enfin à une logique de souveraineté, dans un contexte de difficultés industrielles et de concurrence internationale.
Une politique ensuite partiellement remise en cause
La nationalisation ne règle pas à elle seule les difficultés de l’économie française. Le pays reste confronté à l’inflation, au chômage et aux contraintes financières, tandis que le coût de la prise de contrôle des entreprises pèse sur les finances publiques. Au cours des années 1980, la politique économique évolue et accorde une place croissante à la maîtrise des dépenses et à la compétitivité. Après le retour de la droite au gouvernement en 1986, certaines entreprises publiques sont privatisées. Ce mouvement se poursuit ensuite, notamment dans les années 1990, sans faire disparaître immédiatement l’ensemble du secteur public. Les nationalisations lancées sous François Mitterrand constituent donc une importante extension du rôle de l’État, mais leur portée est ensuite partiellement réduite par les vagues de privatisations.
