Présidents de la République française

Quel président français a mis fin à la guerre d'Algérie ?

La réponse

C'est Charles de Gaulle qui a mis fin à la guerre d'Algérie en faisant aboutir les accords d'Évian, signés par les représentants français et algériens en mars 1962. Le cessez-le-feu a permis l'indépendance de l'Algérie après plus de sept ans de conflit. De Gaulle, président de la République depuis 1959, a joué un rôle central dans cette transition.

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La guerre d’Algérie, engagée en 1954 entre la France et les indépendantistes algériens, s’achève au terme d’un processus politique conduit sous la présidence de Charles de Gaulle. Devenu président de la République en janvier 1959, il fait progressivement évoluer la position française, jusqu’à accepter le principe de l’autodétermination de l’Algérie. Son action aboutit aux accords d’Évian, signés le 18 mars 1962, puis au cessez-le-feu du 19 mars. C’est donc Charles de Gaulle qui a mis fin à la guerre d’Algérie sur le plan politique.

Le retour au pouvoir de De Gaulle

Charles de Gaulle revient au pouvoir en juin 1958, dans le contexte de la crise provoquée par la guerre d’Algérie et par l’instabilité de la IVe République. Il devient alors président du Conseil et engage la rédaction d’une nouvelle Constitution, qui donne naissance à la Ve République à l’automne 1958. Élu président de la République en décembre 1958, il entre en fonctions en janvier 1959. Sa position lui permet de disposer d’une autorité exécutive suffisante pour modifier progressivement la politique française en Algérie, même si cette évolution provoque rapidement l’opposition des partisans de l’Algérie française.

Le choix de l’autodétermination

À son retour au pouvoir, de Gaulle ne proclame pas immédiatement l’indépendance de l’Algérie. Sa politique évolue toutefois vers la recherche d’une solution permettant aux Algériens de déterminer eux-mêmes leur avenir. Dans son discours du 16 septembre 1959, il reconnaît le principe de l’autodétermination, ouvrant la voie à une consultation de la population algérienne. Cette orientation suscite une forte hostilité chez une partie des militaires, des Européens d’Algérie et des défenseurs de l’Algérie française. Le putsch des généraux d’avril 1961 illustre cette opposition, mais le gouvernement maintient la ligne engagée par le président.

Les négociations avec le FLN

Après des contacts préparatoires, des négociations officielles s’ouvrent en mai 1961 à Évian entre les représentants du gouvernement français et ceux du Front de libération nationale, qui agit alors au nom de la cause indépendantiste algérienne. Les discussions sont difficiles et connaissent des interruptions, mais elles aboutissent à un ensemble d’accords signé le 18 mars 1962. Ces accords prévoient notamment un cessez-le-feu, des dispositions concernant les prisonniers et les garanties destinées à accompagner la transition politique. Ils organisent également la consultation par laquelle les Algériens doivent se prononcer sur leur avenir. De Gaulle n’est pas le signataire personnel des accords : ceux-ci sont conclus par les représentants français et algériens, mais ils résultent de l’orientation politique qu’il a imposée à l’État français.

Du cessez-le-feu à l’indépendance

Le cessez-le-feu entre en vigueur le 19 mars 1962, mettant fin aux opérations militaires principales de la guerre. En France, les accords d’Évian sont approuvés par référendum le 8 avril 1962. La population algérienne se prononce ensuite sur l’indépendance lors du référendum d’autodétermination du 1er juillet. La souveraineté de l’Algérie est reconnue au début du mois de juillet 1962. Cette succession d’étapes explique pourquoi les accords d’Évian sont associés à la fin de la guerre, tandis que l’indépendance relève d’un processus politique qui se poursuit après le cessez-le-feu.

Une sortie de guerre aux conséquences durables

La fin officielle du conflit ne fait pas disparaître immédiatement les violences et les drames humains. L’indépendance entraîne le départ massif des Européens d’Algérie, tandis que les anciens supplétifs algériens de l’armée française, appelés harkis, sont exposés à de graves dangers ; une partie d’entre eux rejoint la France dans des conditions difficiles. Les accords d’Évian marquent ainsi la fin de la guerre d’Algérie, mais ils ouvrent aussi une période de bouleversements considérables pour les sociétés française et algérienne. Le rôle de Charles de Gaulle demeure central : en faisant accepter l’autodétermination, en résistant aux oppositions et en permettant la conclusion des accords, il conduit la France vers la fin de ce conflit de plus de sept ans.

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