Quel président français a été surnommé Le Grand Charles ?
La réponse
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Le surnom « Le Grand Charles » désigne Charles de Gaulle, figure majeure de la France contemporaine et président de la République de 1959 à 1969. Cette appellation informelle souligne la stature exceptionnelle que lui ont reconnue ses contemporains, d’abord comme chef de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, puis comme homme d’État chargé de refonder les institutions françaises et de définir une politique étrangère indépendante.
Une figure de la France libre
Le rôle de Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale est à l’origine d’une grande partie de son prestige. Le 18 juin 1940, depuis Londres, il appelle les Français à poursuivre le combat après la demande d’armistice du gouvernement de Philippe Pétain. Ses interventions à la radio contribuent à faire de lui le représentant de la France qui refuse la défaite et entend continuer la lutte aux côtés des Alliés. Il dirige ensuite la France libre, avant de prendre la tête du Gouvernement provisoire de la République française à la Libération. Cette trajectoire explique que son nom soit durablement associé au redressement national.
Le fondateur de la Ve République
Charles de Gaulle revient au pouvoir en mai 1958, dans le contexte de la crise politique liée à la guerre d’Algérie. Il devient alors président du Conseil, et non encore président de la République. Sous son autorité, une nouvelle Constitution est élaborée puis approuvée par référendum le 28 septembre 1958, donnant naissance à la Ve République. Élu président de la République par un collège électoral en décembre 1958, il entre en fonctions le 8 janvier 1959. La nouvelle organisation institutionnelle renforce le rôle de l’exécutif et accorde au chef de l’État une place centrale dans la vie politique française.
Une présidence marquée par l’indépendance
Durant ses deux mandats, de Gaulle doit notamment gérer la question algérienne. Son évolution vers l’autodétermination conduit aux accords d’Évian de 1962 et à l’indépendance de l’Algérie la même année. Il mène également une politique étrangère qui cherche à préserver l’autonomie de la France sur la scène internationale. En 1966, la France se retire du commandement militaire intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, tout en restant membre de l’Alliance. De Gaulle utilise par ailleurs plusieurs référendums pour faire approuver des choix institutionnels ou politiques, dont celui de 1962 instituant l’élection du président de la République au suffrage universel direct.
Une mémoire durable
Le style de Charles de Gaulle contribue aussi à la popularité du surnom « Le Grand Charles ». Sa haute stature, son expression solennelle et ses discours mettent en scène une conception exigeante de la fonction présidentielle. Son autorité n’empêche toutefois pas les contestations : après l’échec du référendum de 1969 sur la régionalisation et la réforme du Sénat, il démissionne de la présidence. Mort en 1970, il laisse un héritage encore discuté, mais son nom demeure étroitement lié à la Résistance, à la fondation de la Ve République et à une certaine conception de la grandeur nationale. Le surnom « Le Grand Charles » résume cette place singulière dans l’histoire politique française.
