Quel président français a créé le nouveau franc en 1960 ?
La réponse
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Le nouveau franc entre en vigueur en France le 1er janvier 1960, à l’issue d’une réforme monétaire décidée sous l’autorité de Charles de Gaulle. Celui-ci dirige alors le gouvernement, après son retour au pouvoir en 1958, dans un contexte de forte instabilité économique et monétaire. La réforme remplace l’ancien franc par une nouvelle unité monétaire : un nouveau franc vaut exactement 100 anciens francs. Charles de Gaulle est donc le président français auquel on attribue la création du nouveau franc, même si la préparation technique de la réforme a mobilisé plusieurs responsables économiques.
Une réforme dans un contexte d’inflation
Après la Seconde Guerre mondiale, la France connaît une inflation durable qui diminue progressivement la valeur du franc et complique les échanges et la lecture des prix. Les difficultés budgétaires, les dépenses liées à la reconstruction et les tensions économiques de la période contribuent à affaiblir la monnaie. En 1958, le gouvernement dirigé par Charles de Gaulle engage un programme de stabilisation destiné à rétablir la confiance dans le franc et à assainir les finances publiques. La création du nouveau franc constitue l’un des volets visibles de cette politique, mais elle ne se résume pas à un simple changement de billets et de pièces : elle accompagne un ensemble de mesures économiques et monétaires.
Le rôle de Pinay et de Rueff
Charles de Gaulle en assume la responsabilité politique, tandis que le ministre des Finances Antoine Pinay et l’économiste Jacques Rueff jouent un rôle important dans la conception et la mise en œuvre du plan de stabilisation. Une ordonnance portant réforme monétaire est adoptée le 27 décembre 1958. Elle prévoit le passage à une nouvelle unité, qui doit entrer en circulation au début de 1960. Il est donc inexact de présenter Charles de Gaulle comme l’unique concepteur technique de la réforme ou d’affirmer qu’il aurait personnellement signé l’ordonnance : son rôle décisif est celui du chef du gouvernement qui porte et fait adopter la réforme.
Cent anciens francs pour un nouveau franc
Le rapport de conversion est fixé à 1 nouveau franc pour 100 anciens francs. Ainsi, une somme de 1 000 anciens francs devient 10 nouveaux francs, sans que cette opération transforme mécaniquement le pouvoir d’achat des ménages. La réforme rend les montants plus faciles à exprimer et à comptabiliser, après des années pendant lesquelles les prix courants s’écrivaient en centaines ou en milliers d’anciens francs. Elle s’inscrit aussi dans une politique plus large de stabilisation visant à contenir l’inflation. Les effets économiques ne peuvent toutefois pas être attribués à la seule modification du nom et de l’échelle de la monnaie : ils résultent de l’ensemble du programme engagé à partir de 1958.
Une monnaie jusqu’à l’arrivée de l’euro
Le nouveau franc reste la monnaie nationale française pendant plus de quarante ans. Il est finalement remplacé par l’euro, introduit sous forme de pièces et de billets en 2002. La conversion est alors irrévocablement fixée à 1 euro pour 6,55957 nouveaux francs. La réforme de 1960 marque ainsi une étape majeure de l’histoire monétaire française : elle a supprimé l’ancien franc dans les usages officiels, tout en conservant le franc comme unité nationale jusqu’au passage à la monnaie européenne.
