Quel président français a aboli la peine de mort en France ?
La réponse
En savoir plus
En France, l’abolition de la peine de mort est associée à la présidence de François Mitterrand. Élu en mai 1981, il a fait de cette réforme un engagement politique majeur et a permis son adoption au début de son septennat. La loi abolissant la peine capitale a été promulguée le 9 octobre 1981, à l’initiative de Robert Badinter, alors garde des Sceaux, c’est-à-dire ministre de la Justice.
Le rôle de François Mitterrand
François Mitterrand s’était déclaré opposé à la peine de mort avant son élection à la présidence. Une fois arrivé à l’Élysée, il a soutenu le projet d’abolition présenté par son ministre de la Justice. La réforme ne résulte donc pas d’une simple décision présidentielle : elle a pris la forme d’une loi votée par le Parlement, puis promulguée par le chef de l’État. La responsabilité politique de son aboutissement est toutefois étroitement liée à l’engagement de Mitterrand et à la volonté de son gouvernement de mettre fin aux exécutions capitales.
Le combat de Robert Badinter
Robert Badinter a porté le projet devant le Parlement et a défendu l’abolition au nom des principes de justice et de dignité humaine. Avocat, il avait notamment été marqué par des affaires dans lesquelles des accusés avaient été condamnés à mort. Comme garde des Sceaux, il a présenté le texte et mené le débat parlementaire, malgré une opposition importante dans l’opinion et parmi les élus. La loi a finalement supprimé la peine de mort pour les crimes qui pouvaient encore être punis de cette manière.
Une rupture dans l’histoire pénale française
La promulgation de la loi du 9 octobre 1981 a mis fin aux exécutions capitales en France. La dernière exécution avait eu lieu le 10 septembre 1977 : Hamida Djandoubi avait alors été guillotiné à Marseille. Au moment de l’abolition, la France faisait partie des derniers pays d’Europe occidentale à conserver la peine de mort. La réforme de 1981 a ainsi constitué une rupture importante dans le droit français et a placé le pays dans le mouvement européen d’abolition, sans faire de la France un pionnier en la matière.
