Poésie

Quel poète persan du XIIe siècle est l'auteur du Rubaiyat, un recueil de quatrains célèbres en Occident grâce à la traduction d'Edward FitzGerald ?

La réponse

Omar Khayyam.

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À la charnière des XIe et XIIe siècles, Omar Khayyam s’est imposé comme l’une des grandes figures intellectuelles de la Perse médiévale. Né à Nishapour en 1048 et mort en 1131, il fut à la fois mathématicien, astronome, philosophe et poète. Son nom est aujourd’hui principalement associé aux Rubaiyat, un ensemble de quatrains qui lui sont attribués et dont la renommée mondiale doit beaucoup à l’adaptation anglaise publiée par Edward FitzGerald au XIXe siècle.

Un savant autant qu’un poète

Omar Khayyam n’était pas seulement un écrivain. Il a consacré une partie importante de son œuvre aux mathématiques et à l’astronomie. Dans ses travaux algébriques, il a étudié les équations cubiques et proposé des méthodes de résolution géométrique fondées sur l’intersection de coniques. Il a également participé, sous le règne du sultan seldjoukide Malik Chah, à des travaux liés à la réforme du calendrier et a travaillé dans le milieu scientifique d’Ispahan. Cette diversité explique la place particulière qu’il occupe dans l’histoire : contrairement à de nombreux poètes connus principalement pour leur œuvre littéraire, Khayyam est resté associé à plusieurs domaines du savoir.

Le rubāʿī, une forme concise

Le terme Rubaiyat est la transcription occidentale de rubāʿiyāt, le pluriel de rubāʿī, qui désigne un quatrain. Cette forme poétique persane condense en quatre vers une réflexion, une image ou une interrogation sur l’existence. Les quatrains suivent souvent un schéma de rimes de type AABA, même si les usages peuvent varier. Chez Khayyam, les textes attribués à cette forme abordent notamment le temps qui passe, la mort, les limites de la connaissance, le destin et la recherche du bonheur. Le vin, les jardins et les plaisirs terrestres y apparaissent aussi fréquemment, mais leur interprétation demeure discutée : ils peuvent être compris de manière littérale, symbolique, philosophique ou spirituelle selon les lecteurs.

Une attribution entourée d’incertitudes

Les Rubaiyat ne constituent probablement pas un livre composé et organisé par Khayyam lui-même. Les quatrains ont été transmis par des manuscrits et des compilations postérieures, et tous ceux qui lui sont attribués ne sont pas nécessairement authentiques. Le nombre des textes retenus varie donc selon les éditions et les critères des spécialistes. Cette transmission explique aussi les différences de formulation, d’ordre et de contenu entre les recueils. Il est ainsi plus exact de parler d’un corpus de quatrains attribués à Omar Khayyam que d’un volume dont la composition originale serait parfaitement établie.

La traduction qui a changé sa postérité

En Occident, la célébrité de Khayyam est indissociable d’Edward FitzGerald, poète et traducteur anglais. En 1859, celui-ci publia The Rubáiyát of Omar Khayyám, une version en anglais de 75 quatrains. FitzGerald ne réalisa pas une traduction littérale : il adapta les textes en vers et prit des libertés dans leur arrangement et leur formulation afin de créer une œuvre cohérente pour son public. Cette interprétation connut ensuite un succès considérable dans le monde anglophone, avant d’être traduite dans de nombreuses langues. Elle a largement contribué à fixer en Occident l’image d’un Khayyam méditant sur la brièveté de la vie, le doute et les plaisirs du présent, même si cette image ne recouvre pas toute la complexité du poète persan ni toutes les incertitudes liées à son corpus.

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