Quel physicien a découvert la radioactivité en 1896 en étudiant l'uranium ?
La réponse
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En 1896, le physicien français Henri Becquerel découvre par hasard un phénomène qui transforme profondément la physique. En étudiant les propriétés de l’uranium et de ses sels, il cherche à déterminer si ces substances lumineuses peuvent produire des rayonnements comparables aux rayons X, récemment observés par Wilhelm Röntgen. Ses expériences révèlent finalement que l’uranium émet spontanément un rayonnement invisible, capable d’impressionner une plaque photographique même lorsqu’elle est protégée de la lumière. Ce phénomène sera ensuite appelé radioactivité.
Une observation inattendue
Becquerel s’intéresse alors à la fluorescence et à la phosphorescence de certains sels d’uranium, c’est-à-dire à leur capacité à émettre de la lumière après avoir été exposés au Soleil. Il place ces substances au-dessus de plaques photographiques enveloppées dans un matériau opaque, afin d’empêcher la lumière visible de les atteindre. Il s’attend à ce que les plaques ne soient impressionnées que si les sels ont d’abord reçu la lumière solaire. Or certaines plaques conservées dans l’obscurité sont malgré tout noircies. Cette constatation montre que le phénomène ne dépend pas d’une simple fluorescence provoquée par la lumière : les sels d’uranium émettent eux-mêmes des rayonnements capables de traverser l’emballage et d’agir sur la plaque photographique.
Le contexte des rayons X
La découverte intervient peu après l’annonce des rayons X par Wilhelm Röntgen, à la fin de l’année 1895. Ces nouveaux rayonnements suscitent un grand intérêt et conduisent plusieurs chercheurs à rechercher des phénomènes analogues dans d’autres matériaux. Becquerel examine notamment l’hypothèse d’un lien entre les substances phosphorescentes et l’émission de rayons pénétrants. Ses travaux s’inscrivent aussi dans une tradition familiale : son père, Edmond Becquerel, avait étudié des phénomènes de luminescence. Toutefois, l’expérience de 1896 établit une propriété nouvelle de l’uranium : contrairement à une lumière produite par une excitation extérieure, son émission persiste sans exposition préalable au Soleil.
La naissance du terme radioactivité
La découverte de Becquerel ouvre rapidement un vaste domaine de recherche. En 1898, Marie Curie étudie systématiquement les substances qui émettent ce type de rayonnement et montre que le thorium possède lui aussi cette propriété. Elle introduit le terme « radioactivité » pour désigner le phénomène. Avec Pierre Curie, elle annonce ensuite la découverte du polonium et du radium dans des minerais d’uranium. Ces travaux élargissent considérablement la portée de l’observation initiale : la radioactivité n’est pas une particularité limitée à l’uranium, mais une propriété que peuvent présenter plusieurs éléments.
Une découverte fondatrice
Les recherches menées après 1896 permettent de caractériser différents types de rayonnements et contribuent à renouveler la compréhension de l’atome. Les études d’Ernest Rutherford et d’autres physiciens conduisent notamment à distinguer les rayonnements alpha, bêta et gamma et à approfondir l’idée de transformation radioactive. La découverte de Becquerel est également à l’origine de développements médicaux, notamment l’utilisation des rayonnements dans le traitement de certaines maladies. En 1903, Henri Becquerel reçoit le prix Nobel de physique conjointement avec Pierre Curie et Marie Curie, en récompense de leurs travaux sur la radioactivité. Son expérience sur l’uranium constitue ainsi le point de départ d’une révolution scientifique durable.
