Histoire du monde

Quel pharaon égyptien, célèbre pour son tombeau découvert en 1922, a régné pendant le Nouvel Empire vers 1300 av. J.-C. ?

La réponse

Toutânkhamon.

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Toutânkhamon est devenu l’un des pharaons les plus célèbres de l’Égypte ancienne grâce à la découverte exceptionnelle de sa tombe en 1922. Il régna pendant la XVIIIe dynastie, au Nouvel Empire, une période généralement située entre le XVIe et le XIe siècle avant notre ère. Son propre règne est habituellement daté d’environ 1332 à 1323 av. J.-C., même si les chronologies varient selon les spécialistes. La célébrité de ce souverain tient moins à la durée ou à l’ampleur de son règne qu’à l’état de conservation remarquable de la sépulture qui a livré son mobilier funéraire.

Un jeune souverain après la période d’Amarna

Toutânkhamon monta sur le trône alors qu’il était encore un enfant, probablement vers l’âge de neuf ans. Il succéda à la période de bouleversements religieux et politiques associée à Akhenaton, qui avait favorisé le culte exclusif du dieu solaire Aton au détriment des divinités traditionnelles, notamment Amon. Au début de son règne, le pharaon portait le nom de Toutânkhaton, en référence à Aton. Lorsque la cour entreprit de rétablir les anciens cultes, son nom devint Toutânkhamon, c’est-à-dire l’image vivante d’Amon. Cette évolution symbolise le retour officiel aux pratiques religieuses antérieures. Les inscriptions de son règne évoquent également la réouverture et la restauration de temples délaissés pendant la période d’Amarna. Comme le souverain était très jeune, les grandes décisions furent vraisemblablement encadrées par des responsables expérimentés de la cour, parmi lesquels Ay et le général Horemheb, qui joueront tous deux un rôle majeur dans la fin de la XVIIIe dynastie.

La découverte de la tombe KV62

La tombe de Toutânkhamon se trouve dans la Vallée des Rois, sur la rive occidentale du Nil, face à l’ancienne Thèbes, près de l’actuelle Louxor. Cette nécropole abrita les sépultures de nombreux souverains du Nouvel Empire. En novembre 1922, l’archéologue britannique Howard Carter y identifia l’accès d’une tombe jusque-là inconnue, grâce aux fouilles financées par Lord Carnarvon. La sépulture reçut le numéro KV62, selon le classement des tombes de la Vallée des Rois. Elle n’était pas absolument inviolée : des intrusions avaient eu lieu dans l’Antiquité. Toutefois, les espaces funéraires principaux et une grande partie du mobilier étaient demeurés exceptionnellement préservés. Des débris accumulés au-dessus de l’entrée ont probablement contribué à dissimuler la tombe et à la protéger des pillages ultérieurs. Cette conservation explique l’importance historique de la découverte, car elle a permis d’étudier directement de nombreux objets associés à un enterrement royal du Nouvel Empire.

Un mobilier funéraire exceptionnel

La tombe contenait plus de 5 000 objets, depuis les éléments destinés aux rites funéraires jusqu’aux objets liés à la vie quotidienne et à la représentation du pouvoir royal. L’ensemble comprenait notamment des meubles, des statues, des armes, des chars, des vêtements, des bijoux et des équipements rituels. Le corps du souverain reposait dans un sarcophage de quartzite, à l’intérieur duquel étaient placés trois cercueils anthropoïdes emboîtés. Le dernier, directement associé à la momie, était en or massif. Le masque funéraire en or, orné de pierres et de verres colorés, est devenu l’image la plus célèbre de Toutânkhamon, même s’il ne constitue qu’une partie du mobilier découvert. Ces pièces témoignent de la maîtrise technique des artisans égyptiens et de l’importance accordée à la protection et à la renaissance du pharaon dans l’au-delà. Elles renseignent aussi sur les cérémonies funéraires, les symboles religieux et les habitudes matérielles de l’élite égyptienne à cette époque.

Une mort précoce encore discutée

Toutânkhamon mourut très jeune, probablement vers l’âge de dix-neuf ans, après un règne d’une dizaine d’années. Les examens de sa momie, les études radiologiques et les analyses génétiques ont révélé plusieurs problèmes de santé, notamment des traces compatibles avec une infection palustre ainsi que des anomalies ou lésions osseuses. Ces résultats n’ont cependant pas permis d’établir avec certitude une cause unique de décès. Des hypothèses anciennes ont évoqué un accident, un meurtre ou un traumatisme crânien, mais les éléments disponibles ne suffisent pas à confirmer ces scénarios. La mort du pharaon demeure donc un sujet de recherche, tandis que sa tombe, son masque et son mobilier continuent de fournir des informations essentielles sur la société et les croyances de l’Égypte du Nouvel Empire.

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