Quel personnage historique, surnommé 'l'Incorruptible', fut une figure clé de la Révolution avant d'être guillotiné en 1794 ?
La réponse
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Maximilien Robespierre est l’une des figures les plus emblématiques et les plus discutées de la Révolution française. Avocat d’Arras devenu député, puis membre du Comité de salut public, il défend une conception exigeante de la souveraineté populaire et de la vertu civique. Surnommé « l’Incorruptible » en raison de sa réputation d’austérité et de son rejet affiché de la corruption, il devient l’un des principaux dirigeants de la République révolutionnaire. Son rôle dans la Terreur, sa chute lors du 9 Thermidor an II et son exécution le 10 Thermidor, soit le 28 juillet 1794, ont durablement marqué l’histoire politique française.
Des débuts d’avocat à la Constituante
Né à Arras en 1758, Robespierre appartient à la bourgeoisie de cette ville. Il étudie au collège Louis-le-Grand à Paris grâce à une bourse, puis se forme au droit avant de devenir avocat à Arras en 1781. Il se fait connaître par des plaidoiries qui témoignent de son intérêt pour les questions de justice et d’égalité. En 1789, il est élu député du tiers état de l’Artois aux États généraux. À l’Assemblée constituante, il défend l’égalité civile, la souveraineté de la nation et une conception très large de la citoyenneté. Ses positions, souvent plus démocratiques que celles de la majorité des députés, lui valent une réputation d’orateur intransigeant.
L’ascension d’un dirigeant montagnard
Après la chute de la monarchie le 10 août 1792, Robespierre est élu à la Convention nationale. Il rejoint le groupe de la Montagne et exerce une influence croissante au club des Jacobins. Il soutient l’établissement de la République et vote, lors du procès de Louis XVI, pour la mort du roi sans sursis ni appel au peuple. Dans une France confrontée à la guerre extérieure, aux insurrections et aux divisions politiques, il s’oppose aux Girondins et se rapproche du pouvoir révolutionnaire. Le Comité de salut public, créé en avril 1793, devient l’organe central du gouvernement révolutionnaire. Robespierre y entre le 27 juillet 1793 et participe dès lors directement aux décisions prises au nom du salut de la République.
La vertu révolutionnaire et la Terreur
Robespierre associe la défense de la République à une morale politique fondée sur la vertu, c’est-à-dire sur le dévouement à l’intérêt général plutôt que sur les intérêts particuliers. Dans le contexte de la guerre et de la crise intérieure, il justifie l’usage de mesures d’exception contre les adversaires de la Révolution. Il est ainsi considéré comme le principal architecte politique de la Terreur, même si celle-ci résulte de l’action collective de plusieurs institutions et responsables. La loi des suspects, adoptée en septembre 1793, puis la loi du 22 prairial an II, votée en juin 1794, renforcent la répression et le rôle du Tribunal révolutionnaire. Robespierre défend parallèlement le suffrage universel masculin et les principes de la Constitution de 1793, qui ne sera jamais appliquée en raison de la guerre. Il promeut aussi le culte de l’Être suprême, célébré lors d’une fête nationale le 8 juin 1794, ce qui contribue à renforcer son image de dirigeant attaché à une refondation morale de la société.
Le 9 Thermidor et l’exécution
Au printemps 1794, l’élimination des factions hébertiste et dantoniste accentue la peur des députés et des militants révolutionnaires. Robespierre, qui s’est progressivement isolé de plusieurs collègues du Comité de salut public, prononce le 8 Thermidor un discours dénonçant l’existence d’ennemis et de conspirateurs au sein même de la Convention, sans désigner clairement tous ses adversaires. Le lendemain, ses opposants parviennent à faire voter son arrestation. Libéré par la Commune insurrectionnelle de Paris, il se réfugie à l’Hôtel de Ville avec plusieurs partisans, dont Saint-Just et Couthon. Les forces de la Convention reprennent finalement le bâtiment dans la nuit. Blessé à la mâchoire dans des circonstances discutées, Robespierre est déclaré hors la loi puis guillotiné le 10 Thermidor an II, le 28 juillet 1794, avec ses compagnons. Sa mort ouvre la réaction thermidorienne et le démantèlement progressif du gouvernement révolutionnaire. Depuis, son héritage demeure profondément controversé : il est présenté soit comme un défenseur de l’égalité et de la République, soit comme l’un des responsables majeurs de la violence politique de la Terreur.
