Habitudes du monde

Quel périodique est souvent considéré comme le premier journal imprimé au monde ?

La réponse

La Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien, publiée à Strasbourg par Johann Carolus en 1605. Les Acta Diurna étaient des affiches manuscrites de la Rome antique, et non des journaux imprimés.

En savoir plus

La Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien, publiée à Strasbourg par Johann Carolus en 1605, est souvent considérée comme le premier journal imprimé au monde. Son titre allemand signifie approximativement « relation de toutes les nouvelles importantes et mémorables ». Cette publication appartient à une période où les informations politiques, militaires et commerciales circulent de plus en plus, mais principalement sous forme de lettres, de bulletins manuscrits ou de feuilles occasionnelles. L’apparition d’un périodique imprimé marque donc une étape particulière : les nouvelles ne sont plus seulement copiées ou affichées, elles peuvent être reproduites en plusieurs exemplaires grâce à la presse typographique.

Une publication régulière à Strasbourg

Johann Carolus, imprimeur et éditeur installé à Strasbourg, est associé à la publication de la Relation en 1605. Le caractère essentiel de cette œuvre n’est pas seulement son contenu informatif, mais aussi sa forme : il s’agit d’une publication destinée à paraître régulièrement. Cette périodicité la distingue des pamphlets, des proclamations et des ouvrages d’actualité publiés ponctuellement. La Relation s’inscrit ainsi dans la naissance de la presse d’information, à une époque où les lecteurs recherchent des nouvelles venues de différents territoires et où les réseaux postaux facilitent la collecte des informations.

Pourquoi elle est considérée comme le premier journal imprimé

La formule « premier journal imprimé au monde » doit être comprise avec une certaine prudence, car l’histoire de la presse dépend des définitions retenues. Des textes informatifs et des bulletins d’actualité existaient avant 1605, notamment sous forme manuscrite. Toutefois, la Relation réunit plusieurs caractéristiques décisives : elle est imprimée, elle transmet des nouvelles et elle s’inscrit dans une publication régulière. C’est cette combinaison qui explique sa place particulière dans les histoires du journalisme. Elle ne constitue pas nécessairement le tout premier document consacré à l’actualité, mais elle est très souvent citée comme le premier périodique imprimé répondant à la définition moderne du journal.

La différence avec les Acta Diurna

Les Acta Diurna de la Rome antique sont parfois présentés comme les ancêtres directs des journaux. Ils étaient toutefois des affiches ou des avis publics rédigés à la main, et non des journaux imprimés. Leur existence montre que les sociétés anciennes avaient déjà besoin de rendre certaines informations accessibles dans l’espace public, mais leur mode de production les distingue fondamentalement de la Relation. Il ne faut donc pas répondre à la question en citant les Acta Diurna : leur ancienneté est réelle, mais ils ne relèvent pas de l’imprimerie. Cette distinction entre information publique manuscrite et périodique imprimé est essentielle pour comprendre pourquoi la publication de Strasbourg est retenue.

Une étape dans la formation de la presse

La Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien témoigne du passage progressif d’une circulation restreinte des nouvelles à une diffusion organisée par l’imprimerie. La presse typographique permet de multiplier des exemplaires identiques et de proposer aux lecteurs un rendez-vous régulier avec l’actualité. Le journal moderne ne naît pas en un seul jour : il résulte d’une évolution des réseaux d’information, des pratiques éditoriales et des habitudes de lecture. La publication de Johann Carolus occupe néanmoins une place fondatrice dans cette évolution, ce qui explique qu’elle soit généralement donnée comme réponse à la question du premier journal imprimé au monde.

CultureG.org