Seconde Guerre mondiale

Quel pays fut le premier à utiliser des bombes atomiques lors d'un conflit, et quelles furent les villes ciblées ?

La réponse

Les États-Unis ont utilisé des bombes atomiques sur Hiroshima (6 août 1945) et Nagasaki (9 août 1945).

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La première utilisation d’une arme atomique dans un conflit a eu lieu durant les dernières semaines de la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis ont bombardé deux villes japonaises, Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki le 9 août 1945. Ces attaques restent les seuls bombardements nucléaires effectués contre des populations dans le cadre d’une guerre. Elles ont inauguré l’ère nucléaire tout en provoquant des destructions humaines et matérielles sans précédent.

Le projet Manhattan et la première bombe atomique

La mise au point de ces armes résultait du projet Manhattan, programme scientifique et militaire américain conduit pendant la guerre avec la participation du Royaume-Uni et du Canada. Les recherches furent menées dans le secret, notamment sous la direction scientifique de J. Robert Oppenheimer. Les États-Unis cherchaient notamment à construire une arme avant l’Allemagne nazie, dont les capacités nucléaires étaient surveillées par les Alliés. Après la défaite allemande en mai 1945, le programme se poursuivit contre le Japon. Le 16 juillet 1945, l’essai Trinity, réalisé au Nouveau-Mexique, produisit la première explosion nucléaire de l’histoire. Il s’agissait toutefois d’un essai, et non d’une utilisation en combat.

Hiroshima, le 6 août 1945

Le 6 août 1945, le bombardier américain Enola Gay largua sur Hiroshima la bombe à uranium Little Boy. La ville constituait un centre militaire, administratif et industriel important, et elle avait jusqu’alors été relativement épargnée par les bombardements aériens de grande ampleur. L’explosion détruisit une vaste partie de la ville et causa immédiatement un nombre considérable de victimes. Beaucoup d’autres habitants moururent ensuite des suites de leurs blessures, des brûlures et de l’exposition aux rayonnements. Les estimations du bilan total varient selon les méthodes retenues, mais les morts se comptèrent en dizaines de milliers dès les premiers mois.

Nagasaki, le 9 août 1945

Trois jours plus tard, le 9 août, les États-Unis utilisèrent une seconde bombe atomique, appelée Fat Man, contre Nagasaki. Elle fut larguée par le bombardier Bockscar. Nagasaki abritait notamment d’importantes activités industrielles liées à la construction navale et à l’armement. La bombe, de conception différente de Little Boy, reposait sur une charge au plutonium et provoqua elle aussi des destructions massives. Le relief vallonné de la ville limita localement l’extension des dégâts, sans empêcher un très lourd bilan humain. Les survivants furent durablement exposés aux conséquences sanitaires des blessures et des radiations.

Une décision aux conséquences durables

Le Japon annonça le 15 août 1945 son acceptation des conditions de reddition, et l’acte de capitulation fut signé le 2 septembre. Le rôle exact des bombardements atomiques dans cette décision, comparé notamment à l’entrée en guerre de l’Union soviétique contre le Japon, demeure discuté par les historiens. En revanche, leur portée historique est certaine : Hiroshima et Nagasaki ont placé la puissance nucléaire au cœur des relations internationales. Après la guerre, les États ont développé des arsenaux atomiques et des doctrines de dissuasion, tandis que la mémoire des deux villes est devenue un symbole des dangers humanitaires et politiques de l’arme nucléaire.

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