Histoire de l'Europe

Quel pays européen fut le premier à abolir la traite négrière transatlantique ?

La réponse

Le Danemark-Norvège fut le premier pays européen à abolir la traite négrière transatlantique en 1792, avec une application effective en 1803. L’esclavage dans les colonies danoises ne fut toutefois aboli qu’en 1848. La France l’avait aboli dans ses colonies en 1794, avant de le rétablir en 1802.

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Dans l’histoire des abolitions européennes, le Danemark-Norvège occupe une place pionnière, à condition de distinguer clairement la traite négrière de l’esclavage. En 1792, cette monarchie adopta la première décision européenne visant à abolir la traite négrière transatlantique. La mesure ne prit toutefois effet qu’en 1803 : pendant la période intermédiaire, le commerce d’Africains réduits en esclavage demeura donc encore autorisé dans les territoires relevant de la monarchie. Cette chronologie explique pourquoi le Danemark-Norvège est considéré comme le premier pays européen à avoir décidé l’abolition de la traite, sans être pour autant le premier à mettre fin à l’esclavage dans ses colonies.

Une décision prise en 1792

Le Danemark-Norvège était alors une monarchie qui regroupait le royaume de Danemark et celui de Norvège, ainsi que plusieurs possessions coloniales. En 1792, son gouvernement adopta un texte prévoyant l’interdiction de la traite transatlantique à compter de 1803. Il s’agit d’une abolition programmée, et non d’une suppression immédiate : le délai accordé avant l’entrée en vigueur permit encore la poursuite légale des expéditions négrières pendant plusieurs années. Cette particularité est essentielle pour comprendre la portée exacte de la décision. Le Danemark-Norvège fut le premier à prendre une telle mesure, mais l’application effective de l’interdiction appartient à l’année 1803.

Traite et esclavage, deux réalités distinctes

L’interdiction de la traite ne supprimait pas le système esclavagiste déjà installé dans les colonies danoises. Les personnes réduites en esclavage dans les Antilles danoises continuèrent à subir leur condition après 1803, tandis que les plantations coloniales reposaient encore sur leur travail. La mesure de 1792 mettait fin à l’approvisionnement transatlantique en nouvelles personnes capturées et déportées, mais elle ne libérait pas automatiquement celles qui étaient déjà esclavisées. Cette distinction entre la fin du commerce et l’abolition de l’esclavage est indispensable : l’une concerne le trafic maritime et la déportation depuis l’Afrique, l’autre le statut juridique et social imposé dans les colonies.

L’abolition de l’esclavage en 1848

Dans les colonies danoises, l’esclavage ne fut aboli qu’en 1848, soit plusieurs décennies après la décision concernant la traite. Le calendrier danois montre ainsi qu’une puissance pouvait s’opposer au commerce transatlantique tout en maintenant l’ordre esclavagiste dans ses propres plantations. Les deux étapes ne doivent donc pas être confondues : 1792 correspond à la décision d’abolir la traite, 1803 à son application effective, et 1848 à l’abolition de l’esclavage dans les colonies danoises. Cette succession de dates résume la progression, mais aussi les limites, de la politique abolitionniste du Danemark-Norvège.

Une chronologie à distinguer de celle de la France

La comparaison avec la France renforce l’importance de cette distinction. La France abolit l’esclavage dans ses colonies en 1794, après la Révolution, mais cette abolition fut rétablie en 1802. Elle ne fournit donc pas la même chronologie que le Danemark-Norvège : dans un cas, la première décision européenne concerne la traite transatlantique et date de 1792, avec une entrée en vigueur en 1803 ; dans l’autre, l’événement de 1794 concerne l’abolition de l’esclavage colonial, avant son rétablissement en 1802. La réponse au sujet est ainsi le Danemark-Norvège, à condition de retenir précisément l’objet de l’abolition et les dates associées.

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