Quel pays est le berceau de la civilisation de la vallée de l'Indus, l'une des plus anciennes au monde ?
La réponse
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Le Pakistan est le pays qui abrite les vestiges les plus emblématiques de la civilisation de la vallée de l’Indus, également appelée civilisation harappéenne. Cette civilisation urbaine s’est épanouie principalement entre 2600 et 1900 av. J.-C., dans une région qui correspond aujourd’hui au Pakistan et au nord-ouest de l’Inde. Le site de Mohenjo-daro, dans la province du Sind, ainsi que celui de Harappa, dans la province du Pendjab, témoignent de l’importance de ce foyer ancien, considéré comme l’un des premiers grands ensembles urbains de l’histoire.
Des villes organisées
Les populations de la vallée de l’Indus ont construit des agglomérations selon des plans soigneusement structurés. Les rues de certaines cités se croisent à angle droit, tandis que les bâtiments sont souvent réalisés en briques dont les dimensions présentent une remarquable régularité. Les archéologues ont également mis au jour des réseaux d’évacuation des eaux et des installations domestiques témoignant d’une attention particulière portée à l’hygiène et à la gestion urbaine. À Mohenjo-daro, le monument connu sous le nom de « Grand Bain » constitue l’un des vestiges les plus célèbres, même si sa fonction exacte n’est pas définitivement établie. Le site archéologique de Mohenjo-daro est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Une écriture toujours indéchiffrée
La civilisation de l’Indus a laissé de nombreux sceaux, objets et fragments portant de courtes inscriptions. Leur système graphique n’a toutefois pas été déchiffré, ce qui limite encore la connaissance directe de leur langue, de leurs institutions et de leurs croyances. Les signes apparaissent souvent sur de petits supports, notamment des sceaux associés à des représentations animales. En l’absence de textes longs ou de traduction connue, les interprétations restent prudentes : il n’est pas possible d’affirmer avec certitude comment ce système fonctionnait ni quelle langue il transcrivait.
Agriculture, artisanat et échanges
L’économie reposait notamment sur l’agriculture, avec la culture de céréales comme le blé et l’orge, ainsi que sur l’élevage et un artisanat développé. Des traces de la culture du coton figurent aussi parmi les témoignages associés à cette civilisation. Les archéologues ont découvert des objets et des matières premières qui attestent d’échanges à longue distance, notamment avec des régions de Mésopotamie et d’Asie centrale. La présence de poids standardisés et la diffusion de formes et de techniques communes montrent l’existence de pratiques largement partagées. Elles témoignent d’une forte coordination économique, sans permettre à elles seules de reconstituer avec certitude la structure politique de la société.
La transformation après 1900 av. J.-C.
À partir d’environ 1900 av. J.-C., les grandes villes de la vallée de l’Indus connaissent un déclin de leur organisation urbaine. Certaines agglomérations sont moins densément occupées, et les populations se répartissent davantage dans des établissements de taille plus modeste. Les causes de cette transformation demeurent discutées. Les recherches évoquent notamment des changements du climat, une évolution du régime des cours d’eau, des modifications des réseaux commerciaux ou une combinaison de plusieurs facteurs. Il ne s’agit pas nécessairement d’une disparition brutale : certaines traditions matérielles et certains modes de vie se poursuivent dans les régions concernées sous des formes différentes.
