Climat

Quel pays est actuellement le plus grand émetteur de CO2 au monde ?

La réponse

La Chine est actuellement le plus grand émetteur annuel de CO₂ au monde, devant les États-Unis et l’Inde. Elle a dépassé les États-Unis vers 2006 ; ses émissions par habitant sont toutefois inférieures à celles des États-Unis, mais supérieures à celles de l’Inde.

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La Chine est actuellement le pays qui émet le plus de CO₂ chaque année. Elle devance les États-Unis et l’Inde dans le classement des émissions territoriales, c’est-à-dire celles produites à l’intérieur de ses frontières. Cette première place reflète avant tout la taille de sa population, l’importance de son activité industrielle et le poids encore considérable des combustibles fossiles dans son système énergétique. Elle ne signifie toutefois pas que chaque habitant chinois émet davantage qu’un habitant des autres grandes puissances.

La place centrale de l’industrie et du charbon

La Chine est devenue en quelques décennies un centre industriel majeur, notamment dans la sidérurgie, la cimenterie, la chimie et la fabrication de biens destinés au marché intérieur comme à l’exportation. Ces secteurs nécessitent de grandes quantités d’énergie et ont longtemps reposé principalement sur le charbon, qui reste une composante essentielle de la production électrique chinoise. Le développement rapide des infrastructures, des villes et des réseaux de transport a également contribué à accroître la consommation d’énergie. Les capacités chinoises en matière d’énergies renouvelables progressent fortement, en particulier dans le solaire et l’éolien, mais cette progression n’a pas encore supprimé le rôle du charbon dans l’approvisionnement du pays.

Un dépassement des États-Unis au milieu des années 2000

La Chine a dépassé les États-Unis comme premier émetteur annuel de CO₂ vers 2006. Depuis, l’écart entre les deux pays a généralement été important, même si les émissions varient selon la conjoncture économique, la demande énergétique et les méthodes de comptabilisation. Les émissions chinoises sont mesurées principalement selon le lieu où les combustibles sont brûlés et où les procédés industriels ont lieu. Cette approche diffère d’un calcul fondé sur la consommation, qui attribuerait une partie des émissions liées à la fabrication de produits exportés aux pays où ces produits sont finalement utilisés. Le classement peut donc être interprété différemment selon l’indicateur retenu, mais la Chine demeure le premier émetteur annuel dans les comparaisons territoriales habituellement utilisées.

Des émissions par habitant inférieures à celles des États-Unis

Le classement total ne doit pas être confondu avec celui des émissions par habitant. Rapportées à la population, les émissions chinoises sont inférieures à celles des États-Unis. Elles sont en revanche supérieures à celles de l’Inde. Cette différence s’explique notamment par la très grande population chinoise : un volume national d’émissions très élevé est réparti entre un nombre d’habitants beaucoup plus important que celui des États-Unis. Les émissions par habitant ne résument pas non plus la responsabilité climatique d’un pays, car celle-ci peut être étudiée à partir d’autres critères, comme les émissions historiques accumulées ou celles qui sont liées à la consommation de biens importés.

Une transition énergétique encore inachevée

La Chine investit massivement dans les énergies renouvelables et s’est engagée à atteindre un pic de ses émissions avant 2030, puis la neutralité carbone avant 2060. Dans le même temps, elle continue de développer et d’utiliser des installations au charbon afin de répondre à la demande d’électricité et de sécuriser son approvisionnement énergétique. Cette coexistence entre une expansion rapide des sources bas carbone et le maintien d’une forte dépendance aux combustibles fossiles constitue l’un des principaux enjeux de sa politique climatique. Tant que la consommation d’énergie et l’activité industrielle resteront élevées, la Chine conservera donc un rôle déterminant dans l’évolution des émissions mondiales de CO₂.

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