Première Guerre mondiale

Quel pays entra en guerre en 1917 aux côtés des Alliés, modifiant ainsi l'équilibre des forces ?

La réponse

Les États-Unis, après des attaques de sous-marins allemands et le télégramme Zimmermann.

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En avril 1917, les États-Unis entrent dans la Première Guerre mondiale aux côtés des puissances alliées. Cette décision modifie l’équilibre d’un conflit qui oppose depuis près de trois ans les Empires centraux, principalement l’Allemagne, à la France, au Royaume-Uni et à leurs partenaires. La puissance économique, industrielle et démographique américaine ne se traduit pas immédiatement par une victoire, mais elle apporte aux Alliés des ressources considérables au moment où les armées européennes sont épuisées.

Une neutralité de plus en plus fragile

Depuis 1914, le gouvernement de Washington affirme sa neutralité. Celle-ci n’empêche toutefois pas les États-Unis de conserver d’importants échanges commerciaux et financiers avec les pays belligérants, en particulier avec les Alliés. Les relations avec l’Allemagne se dégradent surtout à cause de la guerre sous-marine. Le 7 mai 1915, le sous-marin allemand U-20 torpille le Lusitania, un paquebot britannique, dont le naufrage provoque la mort de nombreux passagers, parmi lesquels se trouvent des citoyens américains. Cet événement suscite une vive émotion aux États-Unis, sans entraîner immédiatement une déclaration de guerre. La reprise par l’Allemagne de la guerre sous-marine à outrance, annoncée à la fin de janvier 1917 et mise en œuvre le 1er février, menace directement les navires et les communications maritimes américaines. Elle devient l’un des principaux motifs de l’intervention.

Le télégramme Zimmermann

Un autre événement contribue à faire basculer l’opinion américaine : le télégramme Zimmermann. Envoyé en janvier 1917 par le secrétaire d’État allemand aux Affaires étrangères, Arthur Zimmermann, ce message propose au Mexique une alliance contre les États-Unis au cas où Washington entrerait en guerre contre l’Allemagne. Berlin promet alors de soutenir le Mexique dans ses revendications sur des territoires qu’il avait perdus au XIXe siècle. Le télégramme est intercepté et déchiffré par les services britanniques, puis transmis aux autorités américaines. Sa publication dans la presse, le 1er mars 1917, donne l’impression d’une menace directe contre le territoire des États-Unis. Le président Woodrow Wilson demande ensuite au Congrès d’autoriser l’entrée en guerre, et le Congrès déclare officiellement la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917.

Une puissance mobilisée

L’engagement américain repose sur une mobilisation progressive plutôt que sur l’arrivée immédiate d’une armée massive. L’armée des États-Unis est encore limitée au début de l’intervention ; le gouvernement met donc en place une importante campagne de recrutement et la conscription est organisée par le Selective Service Act, adopté en mai 1917. Les forces américaines sont regroupées au sein de l’American Expeditionary Forces, commandé par le général John J. Pershing. Les premiers soldats débarquent en France dès juin 1917, mais leur entraînement et leur déploiement prennent du temps. En parallèle, les États-Unis fournissent aux Alliés des armes, des munitions, des navires, des denrées alimentaires et des crédits. Leur capacité industrielle renforce ainsi l’effort de guerre allié, même avant que leurs troupes ne participent massivement aux combats.

Un rôle majeur en 1918

Les soldats américains commencent à combattre dans des secteurs du front à la fin de 1917, puis leur engagement prend une ampleur considérable en 1918. Des unités américaines participent notamment aux combats du bois Belleau et de la seconde bataille de la Marne. À partir de septembre, l’armée américaine mène aussi ses propres opérations à Saint-Mihiel, puis dans la Meuse-Argonne pendant l’offensive des Cent-Jours. Cette présence apporte aux Alliés des renforts humains et matériels au moment où l’Allemagne tente encore de l’emporter sur le front occidental. Elle ne suffit pas à elle seule à expliquer la défaite allemande, qui résulte de plusieurs facteurs, mais elle contribue à accroître la pression sur les forces allemandes jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918. L’intervention américaine transforme donc durablement le rapport de forces, sans pour autant faire disparaître immédiatement le courant isolationniste aux États-Unis : après la guerre, le Sénat américain refuse notamment de ratifier le traité de Versailles et l’adhésion à la Société des Nations.

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