Quel pays, bien que n'étant pas le plus émetteur de CO₂ par habitant, est le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre en volume absolu depuis 2006 ?
La réponse
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La Chine est, depuis 2006, le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre en volume absolu. Cette position s’explique avant tout par la taille de sa population et de son économie, mais aussi par le poids exceptionnel de son industrie et de son secteur énergétique. Elle ne signifie pas que les Chinois sont les plus gros émetteurs individuellement : le classement par habitant est différent et place plusieurs pays à forte production d’hydrocarbures devant la Chine. La distinction entre émissions totales et émissions par personne est donc essentielle pour comprendre le rôle du pays dans le réchauffement climatique.
Une industrialisation très énergivore
La progression des émissions chinoises est étroitement liée à l’industrialisation accélérée du pays. Depuis les dernières décennies du XXe siècle, la Chine a développé à une échelle considérable ses activités manufacturières, ses infrastructures, ses villes et ses réseaux de transport. La production d’acier, de ciment, de produits chimiques et de biens destinés au marché intérieur comme à l’exportation nécessite de grandes quantités d’énergie. Ces secteurs rejettent directement du dioxyde de carbone ou consomment une électricité dont la production reste largement associée aux combustibles fossiles. La puissance industrielle chinoise permet ainsi de produire davantage, mais elle se traduit aussi par un niveau d’émissions total très élevé.
Le poids central du charbon
Le charbon occupe une place déterminante dans le système énergétique chinois. Il alimente une grande partie de la production d’électricité et sert également à fournir de la chaleur industrielle ou à fabriquer du coke utilisé dans la sidérurgie. Cette dépendance s’est formée au cours d’une période où l’objectif prioritaire était d’accompagner la croissance économique, l’urbanisation et l’accès à l’électricité. Même si la Chine développe d’autres sources d’énergie, la demande totale reste si importante que le recul relatif du charbon ne suffit pas, à lui seul, à faire baisser rapidement les émissions absolues. Le charbon explique donc une part majeure de la place occupée par la Chine dans le bilan mondial des émissions.
Émissions totales et émissions par habitant
Le rang de la Chine repose sur le volume annuel cumulé des émissions produites sur son territoire, et non sur la quantité émise par chaque habitant. Avec une population très nombreuse, une moyenne nationale par personne peut être inférieure à celle de pays moins peuplés mais fortement dépendants de l’extraction ou de la consommation d’hydrocarbures. Cette différence de méthode change fortement la lecture des responsabilités climatiques. Elle distingue également les émissions actuelles des émissions historiques accumulées au fil du temps : être le premier émetteur annuel ne signifie pas automatiquement être le pays qui a rejeté le plus de gaz à effet de serre depuis le début de l’industrialisation.
Une transition de grande ampleur, mais incomplète
La Chine investit massivement dans le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité et le nucléaire, tout en améliorant progressivement l’efficacité énergétique de son économie. Elle s’est aussi engagée à atteindre un pic de ses émissions avant 2030 et la neutralité carbone avant 2060. Ces orientations ne suppriment toutefois pas immédiatement le rôle du charbon : la croissance de la demande d’électricité, les besoins de l’industrie lourde et les impératifs de sécurité énergétique maintiennent une forte utilisation des combustibles fossiles. La Chine se trouve ainsi dans une situation contrastée : elle est à la fois un acteur majeur du développement des énergies bas-carbone et le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre en volume absolu depuis 2006.
