Quel pays a subi le siège de Leningrad pendant 872 jours pendant la guerre ?
La réponse
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Le siège de Leningrad fut l’une des principales tragédies de la Seconde Guerre mondiale sur le front de l’Est. La ville, alors située en Union soviétique et aujourd’hui connue sous le nom de Saint-Pétersbourg, resta encerclée pendant 872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944. Ce blocus imposé par l’Allemagne nazie et soutenu par le dispositif militaire finlandais provoqua une catastrophe humanitaire d’une ampleur considérable, tout en faisant de Leningrad un symbole de résistance soviétique.
Une ville encerclée par l’offensive allemande
Le siège s’inscrivit dans l’opération Barbarossa, lancée par l’Allemagne contre l’Union soviétique en juin 1941. Leningrad représentait un objectif stratégique, industriel et politique majeur. À l’automne, l’avancée allemande au sud et à l’ouest, ainsi que la présence des forces finlandaises au nord, isolèrent la ville du reste du territoire soviétique. Le 8 septembre 1941, la prise de Chlisselbourg par les troupes allemandes interrompit la principale liaison terrestre avec l’intérieur du pays. Leningrad ne fut toutefois jamais conquise : ses défenseurs, l’Armée rouge et la population organisèrent la protection de la ville, tandis que les bombardements et les tirs d’artillerie se poursuivaient.
La famine et les conditions de survie
La population dut faire face à une pénurie extrême de nourriture, de combustible et de médicaments. Pendant l’hiver 1941-1942, les autorités réduisirent fortement les rations alimentaires ; au plus fort de la crise, les habitants ne travaillant pas et les enfants ne recevaient parfois que 125 grammes de pain par jour. Ce pain contenait des produits de substitution et ne suffisait pas à maintenir les organismes en état. La faim, le froid, les maladies et les bombardements causèrent la mort de centaines de milliers de personnes, principalement parmi les civils. Malgré cette situation, les services essentiels continuèrent à fonctionner autant que possible : des ouvriers maintinrent certaines usines en activité, les équipes médicales soignèrent les blessés et les habitants participèrent à la défense et au déblaiement de la ville.
La « Route de la Vie » sur le lac Ladoga
Le lac Ladoga constitua le principal lien entre Leningrad et les régions restées sous contrôle soviétique. Durant la période navigable, des bateaux y transportaient des vivres, du carburant et du matériel, tandis que des civils étaient évacués dans l’autre sens. En hiver, lorsque la surface du lac gelait suffisamment, des camions et des traîneaux empruntaient une voie appelée la « Route de la Vie ». Ce trajet restait dangereux en raison des bombardements, des fissures dans la glace et des conditions météorologiques, mais il permit d’alimenter partiellement la ville et d’évacuer une partie de ses habitants. Il ne mit pas fin au siège, mais contribua à empêcher l’effondrement complet de Leningrad.
Une rupture progressive du blocus
Les forces soviétiques parvinrent d’abord à desserrer l’encerclement en janvier 1943, lors de l’opération Iskra. Cette offensive ouvrit un étroit corridor terrestre le long du lac Ladoga, permettant de rétablir une liaison avec Leningrad et d’y construire rapidement une voie ferrée. Le blocus ne fut cependant totalement levé qu’un an plus tard, le 27 janvier 1944, à la suite de l’offensive soviétique de Leningrad-Novgorod. Les combats autour de la ville et les pertes humaines avaient alors laissé une empreinte durable. La mémoire du siège demeure centrale dans l’histoire de l’Union soviétique et de la Russie ; après la disparition de l’Union soviétique, Leningrad reprit officiellement le nom de Saint-Pétersbourg en 1991.
