Quel pays a subi le premier bombardement atomique de l'histoire ?
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Le Japon est le premier pays de l’histoire à avoir subi un bombardement atomique. Le 6 août 1945, les États-Unis larguèrent une bombe nucléaire sur Hiroshima, puis une seconde sur Nagasaki le 9 août. Ces deux attaques eurent lieu dans les dernières semaines de la Seconde Guerre mondiale et causèrent des destructions massives ainsi que des conséquences humaines et sanitaires durables. Elles inaugurèrent aussi l’ère nucléaire, sans toutefois constituer l’unique facteur de la capitulation japonaise.
Une arme mise au point pendant la guerre
Les bombardements atomiques furent rendus possibles par le projet Manhattan, vaste programme scientifique et militaire dirigé par les États-Unis avec la participation de chercheurs de plusieurs pays alliés. Le 16 juillet 1945, un premier engin nucléaire fut testé dans le désert du Nouveau-Mexique, lors de l’essai Trinity. Il s’agissait d’une explosion expérimentale, et non d’un bombardement contre une population. Quelques semaines plus tard, le président Harry Truman autorisa l’emploi de cette nouvelle arme contre le Japon, dont les forces continuaient de combattre malgré une situation militaire très dégradée. Les dirigeants américains espéraient accélérer la fin du conflit et éviter une invasion terrestre de l’archipel, dont le coût humain était jugé potentiellement très élevé.
Hiroshima, première ville bombardée
Le 6 août 1945, le bombardier américain B-29 Enola Gay largua sur Hiroshima la bombe Little Boy, une arme à l’uranium 235. L’explosion se produisit vers 8 h 15, au-dessus de la ville. Hiroshima abritait des installations militaires et jouait un rôle logistique important ; elle avait également été relativement épargnée par les précédents bombardements massifs, ce qui permettait aux responsables américains d’évaluer plus clairement les effets de l’arme. Une grande partie de la ville fut détruite par la chaleur, le souffle et les incendies. Les estimations varient selon les sources et la période considérée : environ 70 000 personnes moururent dans les premières heures ou les premiers jours, tandis que le bilan atteint couramment près de 140 000 morts à la fin de 1945, en incluant les décès liés aux blessures et aux irradiations.
Nagasaki et la capitulation du Japon
Trois jours après Hiroshima, le 9 août, les États-Unis utilisèrent une seconde bombe, Fat Man, contre Nagasaki. Cette arme fonctionnait au plutonium et provoqua elle aussi des destructions considérables. Le relief montagneux de Nagasaki limita toutefois l’étendue des dégâts par rapport à Hiroshima. Là encore, les chiffres sont des estimations : environ 40 000 personnes périrent dans l’immédiat et le bilan approcha 70 000 morts avant la fin de 1945. Entre ces deux bombardements, l’Union soviétique entra également en guerre contre le Japon. La décision japonaise de se rendre résulta donc de plusieurs facteurs, notamment des attaques atomiques, de l’offensive soviétique et de l’effondrement progressif de la situation militaire. Le Japon annonça sa capitulation le 15 août 1945, avant la signature officielle de la reddition le 2 septembre à bord de l’USS Missouri.
Des conséquences durables
Les habitants exposés aux bombardements furent confrontés aux brûlures, aux traumatismes, aux maladies liées aux radiations et, pour les survivants, à des séquelles parfois observées pendant des décennies. Au Japon, ces survivants sont appelés hibakusha. Hiroshima et Nagasaki restent les seuls exemples, à ce jour, d’utilisation d’armes nucléaires contre des villes en temps de guerre. Leur mémoire a nourri des mouvements pacifistes et antinucléaires, tandis que ces événements ont profondément influencé les relations internationales après 1945. Le premier bombardement atomique de l’histoire a donc bien touché le Japon, avec Hiroshima comme première ville visée, mais ses effets dépassent largement le cadre militaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
