Quel pays a signé le pacte tripartite avec l'Allemagne et l'Italie en 1940 ?
La réponse
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Le pacte tripartite, signé à Berlin le 27 septembre 1940, officialisa le rapprochement entre l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste et le Japon impérial. Le Japon est donc le pays qui signa cet accord avec les deux puissances européennes. Son adhésion ne constitua toutefois ni une entrée immédiate dans la guerre contre les Alliés ni la création d’un commandement militaire unifié : le pacte organisait surtout une coopération entre trois États poursuivant des objectifs différents.
Un accord conclu dans un contexte d’expansion
En septembre 1940, l’Allemagne et l’Italie dominaient une grande partie de la dynamique militaire européenne, tandis que le Japon menait depuis 1937 une guerre en Chine et développait son influence en Asie orientale. Le pacte reconnaissait la prééminence de l’Allemagne et de l’Italie dans l’établissement d’un nouvel ordre en Europe, ainsi que celle du Japon dans la construction d’un ordre nouveau en Asie orientale. Cette formulation consacrait donc une répartition générale des zones d’influence plutôt qu’une stratégie commune détaillée. Elle prolongeait le rapprochement déjà engagé entre les trois régimes, souvent désignés ensemble comme les puissances de l’Axe Rome-Berlin-Tokyo.
Une assistance soumise à conditions
Le pacte prévoyait que ses signataires se prêteraient assistance par des moyens politiques, économiques et militaires si l’un d’eux était attaqué par une puissance qui n’était pas alors engagée dans la guerre européenne ou dans le conflit sino-japonais. Cette clause visait notamment à dissuader les États-Unis d’intervenir directement contre l’un des membres. Elle ne constituait pas pour autant une déclaration de guerre automatique contre le Royaume-Uni, qui combattait déjà l’Allemagne au moment de la signature. Le texte ne supprimait pas non plus l’autonomie diplomatique et militaire de chaque signataire : Berlin, Rome et Tokyo conservaient leurs propres priorités stratégiques.
Le Japon ne bascule pas immédiatement dans la guerre mondiale
La signature du pacte n’entraîna pas l’entrée immédiate du Japon dans la guerre contre les puissances occidentales. Tokyo poursuivit ses propres négociations et conclut même avec l’Union soviétique un pacte de neutralité le 13 avril 1941. Lorsque l’Allemagne attaqua l’Union soviétique en juin 1941, le Japon ne lança pas pour autant une offensive contre les Soviétiques. Cette décision illustre les limites de la solidarité entre les membres de l’Axe : leur coopération n’impliquait pas qu’ils ouvrent tous les mêmes fronts ni qu’ils adoptent automatiquement les choix militaires de leurs partenaires.
Une alliance aux conséquences internationales
Le pacte contribua néanmoins à renforcer, à Washington, la perception d’un regroupement hostile des puissances de l’Axe. Les tensions américano-japonaises s’aggravèrent surtout en raison de l’expansion japonaise en Chine et en Indochine, puis des mesures économiques prises contre le Japon en 1941. Le 7 décembre 1941, le Japon attaqua la base américaine de Pearl Harbor, provoquant l’entrée en guerre des États-Unis. Cette attaque ne résultait pas d’une obligation automatique créée par le pacte tripartite, mais elle s’inscrivait dans le contexte de rivalité que l’accord avait contribué à durcir. Le 11 décembre, l’Allemagne et l’Italie déclarèrent à leur tour la guerre aux États-Unis. Le pacte avait ainsi une forte portée politique et symbolique, sans effacer les divergences qui séparaient les trois puissances.
