Quel pays a signé le pacte germano-soviétique avec l'Allemagne nazie en août 1939, permettant l'invasion de la Pologne?
La réponse
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Le pays qui signa le pacte germano-soviétique avec l’Allemagne nazie en août 1939 était l’Union soviétique, dirigée par Joseph Staline. Signé à Moscou dans la nuit du 23 au 24 août par les ministres des Affaires étrangères Viatcheslav Molotov et Joachim von Ribbentrop, l’accord est généralement appelé pacte Molotov-Ribbentrop. Officiellement, il s’agissait d’un traité de non-agression. En réalité, ses protocoles secrets prévoyaient une réorganisation des rapports de force en Europe orientale et contribuèrent directement au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
Un accord de circonstance entre deux régimes ennemis
Le rapprochement entre l’Allemagne nazie et l’Union soviétique pouvait sembler paradoxal, car les deux régimes étaient opposés sur le plan idéologique. Hitler dénonçait le communisme et avait fait de l’expansion allemande vers l’Est un objectif central de sa politique. Staline, de son côté, se méfiait des démocraties occidentales et cherchait à éviter que l’Union soviétique ne soit entraînée immédiatement dans une guerre contre l’Allemagne. Le pacte ne constituait donc pas une alliance militaire durable, mais un accord pragmatique destiné à répondre aux intérêts immédiats des deux États.
Les protocoles secrets sur l’Europe orientale
L’importance historique du pacte réside aussi dans ses protocoles secrets. Ceux-ci définissaient des zones d’influence en Europe orientale et prévoyaient notamment le partage de la Pologne entre les deux puissances. La Finlande, l’Estonie et la Lettonie furent placées dans la zone d’intérêt soviétique, tandis que la Lituanie fit d’abord partie de la zone allemande avant d’être attribuée à l’Union soviétique par un accord complémentaire conclu en septembre 1939. Le protocole mentionnait également l’intérêt soviétique pour la Bessarabie, alors rattachée à la Roumanie. Ces arrangements furent longtemps niés par les autorités soviétiques, avant d’être officiellement reconnus à la fin de l’année 1989.
La Pologne envahie par deux armées
Le pacte donna à Hitler la possibilité d’attaquer la Pologne sans redouter, dans l’immédiat, une intervention soviétique contre l’Allemagne. Les forces allemandes envahirent la Pologne par l’ouest le 1er septembre 1939. Le 17 septembre, l’Armée rouge pénétra à son tour dans l’est du pays, conformément aux arrangements secrets conclus entre Berlin et Moscou. Il ne s’agit donc pas d’une invasion menée simultanément par une armée unifiée, mais d’offensives successives de l’Allemagne et de l’Union soviétique contre un même État. La France et le Royaume-Uni déclarèrent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre, après l’expiration de leurs engagements envers la Pologne.
Les gains soviétiques et la rupture du pacte
Pour Staline, l’accord offrait un délai avant une confrontation avec l’Allemagne et permettait à l’Union soviétique d’étendre son influence dans les territoires prévus par les protocoles. Après la défaite de la Pologne, l’URSS imposa également sa domination aux États baltes en 1940 et entra en guerre contre la Finlande à la fin de 1939, lors de la guerre d’Hiver. Le pacte prit fin lorsque l’Allemagne envahit l’Union soviétique le 22 juin 1941, au début de l’opération Barbarossa. Le rapprochement entre les deux régimes n’avait ainsi été qu’une entente temporaire, fondée sur des calculs stratégiques incompatibles à long terme.
