Quel pays a rejoint la guerre en 1917 après une déclaration de guerre à l’Allemagne, influençant grandement l’issue du conflit ?
La réponse
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Le 6 avril 1917, les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne et abandonnent leur neutralité officielle dans la Première Guerre mondiale. Cette décision intervient après plusieurs années de tensions avec Berlin, alors que Washington entretient déjà des liens commerciaux et financiers étroits avec les puissances alliées. L’entrée en guerre américaine ne produit pas un effet militaire immédiat, mais elle apporte aux Alliés une puissance économique, industrielle et humaine considérable, qui pèse fortement sur l’issue du conflit.
La guerre sous-marine allemande
La reprise de la guerre sous-marine à outrance par l’Allemagne au début de 1917 constitue l’une des causes directes de l’intervention américaine. Berlin veut empêcher l’approvisionnement du Royaume-Uni et espère contraindre celui-ci à capituler avant que les États-Unis aient le temps de mobiliser une armée importante. Les sous-marins allemands attaquent alors les navires pénétrant dans les zones déclarées dangereuses, y compris des bâtiments appartenant à des pays neutres. Cette stratégie menace directement les navires et les intérêts américains. Le naufrage du paquebot britannique Lusitania, torpillé le 7 mai 1915, avait déjà choqué l’opinion publique des États-Unis : 1 198 personnes avaient péri, dont 128 citoyens américains. Washington n’était pas entré en guerre à cette date, mais cet événement avait aggravé les relations avec l’Allemagne. La reprise des attaques sous-marines sans restriction rend finalement le maintien de la neutralité beaucoup plus difficile.
Le télégramme Zimmermann
Un autre élément décisif est le télégramme Zimmermann, envoyé en janvier 1917 par le ministre allemand des Affaires étrangères Arthur Zimmermann. Intercepté et déchiffré par les services britanniques, le message proposait au Mexique une alliance contre les États-Unis dans l’hypothèse d’une guerre entre Washington et Berlin. En échange, l’Allemagne promettait de soutenir les revendications mexicaines sur des territoires que le Mexique avait cédés aux États-Unis au XIXe siècle. Le contenu du télégramme est rendu public aux États-Unis le 1er mars 1917. Il renforce les partisans de l’intervention et convainc une partie de l’opinion que la politique allemande constitue désormais une menace directe pour la sécurité américaine.
Une neutralité déjà fragile
Avant même la déclaration de guerre, les États-Unis jouent un rôle économique croissant dans le conflit. Leur commerce avec les Alliés porte notamment sur les denrées alimentaires, les matières premières, les équipements et les munitions. Des établissements financiers américains accordent également d’importants crédits aux gouvernements alliés. Le blocus maritime britannique limite en parallèle les échanges des États-Unis avec les Empires centraux, ce qui accentue le déséquilibre économique entre les deux camps. Ces relations ne signifient pas que les États-Unis sont déjà belligérants, mais elles rendent leur neutralité de plus en plus difficile à maintenir. L’administration du président Woodrow Wilson doit aussi tenir compte des attaques allemandes contre la liberté de navigation et des risques qu’elles font peser sur les intérêts américains.
La déclaration de guerre et la mobilisation
Le président Wilson demande officiellement au Congrès de reconnaître l’état de guerre avec l’Allemagne le 2 avril 1917. Le Sénat puis la Chambre des représentants approuvent cette décision, et les États-Unis déclarent la guerre le 6 avril. Leur armée est alors beaucoup moins nombreuse que celles des grandes puissances européennes. Le Selective Service Act, adopté en mai 1917, permet d’organiser la conscription et de constituer une force nouvelle. Les premières troupes américaines arrivent en France dès juin 1917, mais l’engagement massif de l’armée américaine intervient surtout en 1918. Sous le commandement du général John J. Pershing, les forces américaines participent aux combats du front occidental, notamment aux offensives alliées de la fin de la guerre. Leur présence renforce les Alliés au moment où l’Allemagne cherche à obtenir une décision rapide. L’entrée des États-Unis ne suffit pas, à elle seule, à expliquer la défaite allemande, mais elle modifie profondément le rapport de forces et contribue largement à l’issue du conflit.
