Politique internationale

Quel pays a quitté l'Union européenne avant le Brexit en 2020 ?

La réponse

Le dernier pays à avoir quitté l'Union européenne avant le Royaume-Uni en 2020 est le Groenland. Il a choisi de quitter la CEE (ancêtre de l'UE) en 1985, après un référendum local. Le Groenland, bien que faisant partie du Danemark, a obtenu une autonomie accrue dans ses relations internationales, y compris avec l'Europe.

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Le Groenland occupe une place unique dans l’histoire de l’intégration européenne. Bien que ce vaste territoire arctique ne soit pas un État indépendant mais une entité autonome au sein du Danemark, il a marqué l’Union européenne par un retrait précoce et symbolique. Contrairement au Brexit, qui a vu le Royaume-Uni quitter l’UE après plus de quatre décennies de participation, le Groenland a fait un choix bien antérieur, en 1985, illustrant les tensions entre intégration européenne et souveraineté locale.

L’autonomie groenlandaise et ses conséquences sur les relations avec l’Europe

Le Groenland a obtenu son autonomie progressive à partir des années 1950, mais c’est dans les années 1970 et 1980 que ses dirigeants ont commencé à remettre en question son appartenance à la Communauté économique européenne (CEE), ancêtre de l’UE. En 1979, un référendum local accorde une autonomie interne accrue, incluant le contrôle sur ses ressources naturelles et sa politique étrangère. Cette autonomie renforcée a permis au Groenland de négocier son retrait de la CEE, effectif en 1985. Contrairement au Royaume-Uni, dont le départ a été motivé par des débats sur la souveraineté et l’immigration, le Groenland a quitté la CEE principalement en raison de désaccords sur la politique commune de pêche, secteur vital pour son économie.

Un retrait motivé par la pêche et les déséquilibres économiques

La politique commune de pêche de la CEE, qui visait à répartir les quotas de pêche entre les États membres, a été perçue comme défavorable au Groenland. En tant que territoire dépendant du Danemark, le Groenland bénéficiait d’une représentation limitée dans les institutions européennes, alors que la pêche représentait plus de la moitié de ses exportations. Le référendum de 1982, approuvé à 53 % par les Groenlandais, a scellé sa décision de quitter la CEE. Ce choix a été possible grâce à l’autonomie accrue obtenue en 1979, qui lui a permis de négocier directement avec Bruxelles pour maintenir un accès partiel au marché unique européen, notamment via des accords spécifiques.

Un précédent unique dans l’histoire de l’UE

Le retrait du Groenland reste à ce jour le seul cas d’un territoire autonome ayant quitté la CEE puis l’UE, avant même le Royaume-Uni. Contrairement aux régions ultrapériphériques de l’UE, comme les Açores ou La Réunion, qui bénéficient de statuts particuliers mais restent intégrées, le Groenland a choisi une voie radicalement différente. Son départ a été rendu possible par une combinaison unique de facteurs : une autonomie politique croissante, une économie dépendante d’un secteur spécifique (la pêche), et un contexte géopolitique favorable à la négociation. Ce cas illustre comment les dynamiques locales peuvent influencer, voire contredire, les logiques d’intégration européenne.

Un héritage juridique et politique toujours d’actualité

Le retrait du Groenland a laissé une trace dans les traités européens, notamment en clarifiant les modalités de sortie pour les territoires autonomes. Bien que le Groenland ne soit pas membre de l’UE aujourd’hui, il bénéficie toujours d’un statut spécial, notamment via des accords de partenariat avec l’UE, qui lui permettent de commercer librement avec le Danemark et les autres États membres. Ce cas reste étudié dans les débats sur la souveraineté territoriale et les relations entre l’UE et ses régions, notamment dans un contexte où d’autres territoires, comme l’Écosse ou la Catalogne, ont exprimé des velléités d’indépendance.