Histoire du monde

Quel pays a été le premier à adopter officiellement le christianisme comme religion d'État en 380, sous le règne de Théodose Ier ?

La réponse

L'Empire romain.

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En 380, l’Empire romain fit du christianisme nicéen la norme religieuse officielle de l’autorité impériale. L’événement se produisit sous Théodose Ier, empereur depuis 379, mais il ne s’agissait ni d’une décision prise par un souverain isolé ni d’une conversion soudaine de toute la population. L’expression moderne de « religion d’État » désigne ici le choix de l’État impérial de soutenir officiellement une doctrine chrétienne déterminée et de marginaliser ses concurrentes.

L’édit de Thessalonique

Le principal acte de cette évolution est l’édit de Thessalonique, promulgué le 27 février 380. Cette constitution impériale fut publiée au nom de Théodose Ier, de Gratien et de Valentinien II, les empereurs qui se partageaient alors l’administration de l’Empire romain. Le texte ordonnait aux populations de suivre la foi chrétienne associée à l’enseignement de l’évêque de Rome, Damase, et de l’évêque d’Alexandrie, Pierre. Cette foi correspondait au christianisme nicéen, fondé sur le concile de Nicée de 325 et opposé notamment aux doctrines qualifiées d’« ariennes » par les autorités nicéennes. L’édit accordait donc une position officielle à cette confession et désignait les autres courants chrétiens comme hérétiques, avec des conséquences juridiques. Il ne constituait toutefois pas, à lui seul, une interdiction générale et immédiate de tous les cultes païens.

Une étape dans une évolution plus ancienne

La décision de 380 s’inscrivait dans un processus commencé plusieurs décennies auparavant. Sous Constantin Ier, l’accord connu sous le nom d’édit de Milan, en 313, avait mis fin aux persécutions officielles contre les chrétiens et reconnu leur droit de pratiquer leur culte. Le concile de Nicée, réuni en 325, avait ensuite cherché à définir une doctrine commune, mais les empereurs qui suivirent Constantin ne menèrent pas tous la même politique religieuse. L’empereur Julien tenta même de favoriser le retour des cultes traditionnels au début des années 360. Avec Théodose, le pouvoir impérial adopta plus nettement le christianisme nicéen comme référence légitime, ce qui renforça le rôle des évêques et donna à la définition de l’orthodoxie une portée politique.

Une décision impériale, pas une conversion instantanée

L’édit de Thessalonique ne transforma pas immédiatement l’ensemble des habitants de l’Empire en chrétiens nicéens. Les pratiques religieuses demeurèrent diverses, et les communautés chrétiennes opposées au credo de Nicée continuèrent d’exister. Le concile de Constantinople, réuni en 381, contribua à consolider la doctrine nicéenne et à préciser la place de cette confession dans l’ordre impérial. Des mesures ultérieures prises sous Théodose, notamment en 391 et 392, restreignirent davantage les sacrifices et certaines pratiques publiques des cultes païens. La christianisation de l’Empire fut donc progressive, inégale selon les régions et soutenue par une législation qui évolua au fil du règne.

Un empire administré par plusieurs empereurs

En 380, l’Empire romain n’était pas encore constitué de deux États séparés. Il était administré par plusieurs empereurs et plusieurs cours : Théodose gouvernait principalement la partie orientale, tandis que Gratien et Valentinien II exerçaient le pouvoir dans les territoires occidentaux. L’Empire de cette époque ne correspondait donc pas à un pays moderne, mais à un vaste ensemble politique placé sous l’autorité de collèges impériaux successifs. La mort de Théodose en 395 conduisit à l’installation de ses fils, Arcadius en Orient et Honorius en Occident, sans créer à elle seule une division entièrement nouvelle. L’importance historique de 380 réside surtout dans l’officialisation du christianisme nicéen par le pouvoir impérial romain, qui transforma durablement les rapports entre autorité politique, droit et religion.

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