Quel pays a été le berceau de la révolution islamique de 1979 ?
La réponse
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L’Iran a été le berceau de la révolution islamique de 1979, un mouvement qui a renversé la monarchie de Mohammad Reza Pahlavi, le dernier shah, et conduit à la création de la République islamique. La révolution est née d’une contestation multiforme, associant des religieux, des nationalistes, des militants de gauche, des étudiants, des commerçants et une partie importante de la population urbaine. Elle a profondément modifié l’équilibre politique du Moyen-Orient en affirmant une orientation islamique et une forte opposition à l’influence américaine et occidentale.
Une monarchie fragilisée par la modernisation autoritaire
Depuis les années 1960, le shah avait engagé la « Révolution blanche », un vaste programme de réformes comprenant notamment la réforme agraire, le développement de l’éducation et la modernisation de l’économie. Ces transformations ont accéléré l’urbanisation et changé la société iranienne, mais elles ont aussi été conduites dans un cadre politique très autoritaire. Le régime limitait fortement les libertés publiques, réprimait ses adversaires et s’appuyait sur une administration puissante ainsi que sur la Savak, sa police politique. Le soutien des États-Unis et d’autres puissances occidentales au shah nourrissait en outre l’accusation de dépendance étrangère. À la fin des années 1970, les difficultés économiques, les inégalités, l’inflation et le mécontentement politique ont contribué à élargir la contestation.
Khomeini, figure de l’opposition
L’ayatollah Ruhollah Khomeini s’était imposé comme l’un des principaux adversaires du shah dès le début des années 1960, notamment en dénonçant les réformes de la Révolution blanche et l’influence américaine. Exilé en 1964, il a d’abord vécu en Turquie, puis en Irak, où il a développé sa réflexion sur le rôle politique du clergé chiite et sur le principe de la velayat-e faqih, ou « gouvernement du jurisconsulte religieux ». Il s’est installé en France en octobre 1978, d’où ses déclarations ont bénéficié d’une importante couverture médiatique et ont été diffusées en Iran par des enregistrements et des tracts. Khomeini a alors incarné la contestation, même si la coalition qui s’opposait au shah ne partageait pas entièrement son projet d’État islamique.
La chute du shah en 1979
La mobilisation révolutionnaire s’est intensifiée à partir de janvier 1978, après la publication d’un article hostile à Khomeini et la répression de manifestations à Qom. Des cérémonies de deuil organisées quarante jours après les premières victimes ont provoqué de nouvelles protestations, créant un cycle de manifestations qui s’est étendu à de nombreuses villes. En 1978, les grèves ont paralysé plusieurs secteurs essentiels, notamment l’industrie pétrolière, tandis que les rassemblements prenaient une ampleur nationale. Le shah a quitté l’Iran le 16 janvier 1979. Khomeini est rentré le 1er février, mais la monarchie ne s’est véritablement effondrée que le 11 février, lorsque l’armée a déclaré sa neutralité et que les dernières structures du régime ont cessé de fonctionner.
La République islamique et la crise des otages
Un référendum organisé les 30 et 31 mars 1979 a approuvé la création de la République islamique, proclamée le 1er avril. Le nouveau régime a progressivement institutionnalisé la suprématie politique du guide religieux, principe inscrit dans la Constitution adoptée en décembre 1979, avec Khomeini comme premier détenteur de cette fonction. La révolution s’est accompagnée de la marginalisation puis de la répression de plusieurs groupes qui avaient participé à la lutte contre le shah. Elle a également installé une relation particulièrement conflictuelle avec les États-Unis. Le 4 novembre 1979, des étudiants iraniens ont pris l’ambassade américaine à Téhéran et retenu ses occupants en otages. Cette crise, qui a duré 444 jours, a symbolisé la rupture avec Washington et a contribué à faire de la révolution iranienne un événement majeur de la politique internationale contemporaine.
