Biologie

Quel organisme unicellulaire est souvent utilisé comme modèle en génétique pour étudier la division cellulaire ?

La réponse

La levure (Saccharomyces cerevisiae).

En savoir plus

La levure Saccharomyces cerevisiae est un organisme unicellulaire eucaryote couramment utilisé comme modèle en génétique et en biologie cellulaire. Connue pour son rôle dans la fabrication du pain, de la bière et du vin, elle permet surtout d’étudier des mécanismes fondamentaux que l’on retrouve, avec des variantes, dans les cellules animales et humaines. Sa multiplication par bourgeonnement, sa croissance rapide et la facilité avec laquelle son génome peut être modifié en font un outil particulièrement adapté à l’étude de la division cellulaire.

Un modèle simple à manipuler

Saccharomyces cerevisiae peut exister sous forme haploïde, avec un seul jeu de chromosomes, ou diploïde, avec deux jeux. Cette particularité facilite les expériences génétiques : chez une cellule haploïde, une mutation récessive peut produire directement un effet observable, tandis que les croisements entre souches permettent d’étudier la transmission des caractères et les interactions entre gènes. La levure se cultive par ailleurs sur des milieux relativement simples et se reproduit rapidement. Son génome, séquencé et bien caractérisé, dispose de nombreuses collections de mutants et de souches portant des gènes supprimés, modifiés ou associés à des marqueurs. Les chercheurs peuvent ainsi relier plus facilement un gène à une fonction cellulaire.

Une division par bourgeonnement

La division de la levure est aisément observable au microscope. Une cellule mère forme un bourgeon, qui grandit progressivement. Avant la séparation, l’ADN est copié, les chromosomes sont répartis au cours de la mitose grâce au fuseau mitotique, puis le cytoplasme se divise pour donner une cellule fille. Cette organisation permet d’étudier les différentes étapes du cycle cellulaire, notamment la croissance, la réplication de l’ADN, la mitose et la cytokinèse. Les expériences peuvent mesurer le moment où une cellule commence à former son bourgeon, la durée des phases du cycle ou les conséquences d’une mutation qui bloque une étape précise.

Des gènes essentiels du cycle cellulaire

Les recherches menées sur la levure ont contribué à identifier des régulateurs majeurs de la division cellulaire. L’étude de mutants dits cdc, pour cell division cycle, a permis de repérer des gènes nécessaires au passage d’une étape du cycle à la suivante. Chez Saccharomyces cerevisiae, la protéine Cdc28 est une kinase essentielle qui participe au déclenchement et à la coordination de plusieurs événements du cycle cellulaire. Ces travaux, associés à des recherches réalisées chez d’autres organismes, ont aidé à établir le rôle central des kinases dépendantes des cyclines et des mécanismes de contrôle qui empêchent une cellule de progresser lorsque la réplication de l’ADN ou la séparation des chromosomes n’est pas correctement achevée. La conservation d’une partie de ces mécanismes explique l’importance de la levure pour comprendre la biologie cellulaire des organismes plus complexes.

Un modèle puissant, mais avec des limites

La levure ne reproduit pas toutes les caractéristiques d’une cellule animale ou humaine : elle est unicellulaire, se divise par bourgeonnement et possède des particularités propres à son mode de vie. Les résultats obtenus chez elle doivent donc être complétés par des études sur d’autres modèles, notamment la levure Schizosaccharomyces pombe, qui se divise par fission, ou sur des cellules animales. Elle reste néanmoins un modèle de référence pour analyser rapidement et précisément les gènes et les protéines impliqués dans la division cellulaire. C’est cette combinaison entre simplicité expérimentale, richesse des outils génétiques et conservation de mécanismes fondamentaux qui explique pourquoi Saccharomyces cerevisiae est la levure attendue dans ce contexte.

CultureG.org