Moyen Âge

Quel ordre militaire, fondé en 1119, est devenu célèbre pour sa défense des lieux saints et son emblème, une croix rouge sur fond blanc ?

La réponse

Les Templiers.

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Fondé à Jérusalem en 1119, l’ordre du Temple, ou ordre des Templiers, est l’un des plus célèbres ordres religieux et militaires du Moyen Âge. Son nom complet, l’ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, rappelle à la fois la pauvreté monastique de ses membres et son implantation près du lieu associé à l’ancien Temple de Jérusalem. Né dans le contexte des croisades, il avait pour vocation de soutenir la présence chrétienne en Terre sainte, notamment en participant à la protection des pèlerins et aux opérations militaires. Sa croix rouge sur fond blanc est devenue son emblème le plus connu, même si l’organisation possédait aussi d’autres signes distinctifs.

Une fondation à Jérusalem

La création de l’ordre est généralement située en 1119, sous l’impulsion du chevalier champenois Hugues de Payns, avec notamment Geoffroy de Saint-Omer et plusieurs autres compagnons. Le roi Baudouin II de Jérusalem leur accorda un lieu d’installation dans le secteur du mont du Temple, d’où provient leur nom. Leur mission initiale était liée à la sécurisation des routes et à la défense des pèlerins chrétiens arrivant en Terre sainte, dans un environnement marqué par des affrontements constants. L’ordre reçut une organisation plus précise lors du concile de Troyes, en 1129, qui approuva sa règle. Il ne faut donc pas confondre ce concile avec celui de Naplouse, tenu en 1120, qui ne constitua pas l’acte de reconnaissance des Templiers.

Un ordre religieux et militaire

Les Templiers n’étaient pas une simple troupe de chevaliers : ils formaient un ordre religieux soumis à des vœux et à une discipline communautaire. Leur règle, influencée par la tradition monastique occidentale et par le milieu cistercien, organisait la vie des frères, leurs prières, leur équipement et leur conduite au combat. L’ordre réunissait plusieurs catégories de membres, notamment des chevaliers, des sergents, des chapelains et des frères chargés de tâches administratives ou matérielles. En 1139, la bulle Omne datum optimum du pape Innocent II renforça leurs privilèges et leur rattachement direct à l’autorité pontificale. Cette protection contribua à leur expansion, sans faire d’eux une institution indépendante de toute règle politique ou ecclésiastique.

La croix et les signes de l’ordre

La croix rouge constitue le symbole le plus souvent associé aux Templiers. En 1147, le pape Eugène III leur attribua le droit de porter une croix rouge, signe de leur engagement religieux et militaire. Les représentations postérieures la montrent fréquemment sous la forme d’une croix pattée sur fond blanc, conformément à l’image popularisée par l’héraldique et la culture contemporaine. Leur principal gonfanon, appelé Beaucéant, obéissait toutefois à une autre composition, généralement décrite comme noire et blanche. Cette distinction rappelle que l’image de la croix rouge sur fond blanc, bien qu’authentiquement liée à l’ordre, ne résume pas à elle seule l’ensemble de ses emblèmes et de ses usages militaires.

Un réseau européen et la disparition de l’ordre

À mesure que les donations affluaient, les Templiers établirent un vaste réseau de commanderies en Europe et en Méditerranée. Ces établissements administraient des terres, des revenus et des ressources destinés à financer les frères présents en Orient. L’ordre pouvait aussi conserver des fonds et faciliter leur transfert, ce qui lui donna une réputation de puissance financière. Il est toutefois excessif de le présenter comme une banque moderne : ses activités relevaient d’abord de la gestion de son patrimoine et du soutien logistique aux croisades. Après la perte de Jérusalem en 1187, puis celle d’Acre en 1291, les Templiers perdirent leurs principales bases en Terre sainte et poursuivirent leur existence depuis Chypre et leurs possessions européennes. Le roi Philippe IV le Bel fit arrêter leurs membres en France le 13 octobre 1307 et les accusa notamment d’hérésie et d’autres pratiques blasphématoires. Sous la pression de la monarchie française, le pape Clément V supprima l’ordre en 1312 par la bulle Vox in excelso. Une grande partie de ses biens fut attribuée aux Hospitaliers, même si le devenir des possessions et des membres varia selon les régions. La chute des Templiers a ensuite nourri de nombreuses légendes, mais leur disparition s’explique d’abord par l’affaiblissement de la présence croisée en Orient et par le conflit entre l’ordre, la monarchie française et la papauté.

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