Quel oiseau migrateur effectue le plus long voyage entre ses zones de reproduction et d'hivernage, parcourant jusqu'à 70 000 km par an ?
La réponse
En savoir plus
La sterne arctique, ou Sterna paradisaea, détient le record de la plus longue migration régulière connue chez les oiseaux. Chaque année, elle relie les régions arctiques où elle se reproduit aux eaux proches de l’Antarctique, où elle passe la période australe. En additionnant le trajet vers le sud et le retour vers le nord, certains individus peuvent parcourir jusqu’à 70 000 kilomètres en un an. Ce voyage relie les deux extrémités du globe et suit le rythme des saisons polaires.
Un trajet entre les deux pôles
La sterne arctique se reproduit dans les régions côtières et insulaires de l’Arctique et des zones subarctiques de l’hémisphère Nord. Après la saison de reproduction, elle gagne l’hémisphère Sud pour profiter de l’été austral et de ses ressources alimentaires. Elle revient ensuite vers le nord lorsque l’été approche dans l’Arctique. Sa migration n’est pas un simple aller-retour en ligne droite : les oiseaux empruntent des itinéraires indirects et peuvent effectuer d’importants détours au-dessus des océans. La distance totale varie donc selon les individus, les populations et les routes suivies, mais elle peut atteindre environ 70 000 kilomètres sur une année.
Une grande voyageuse des océans
La sterne arctique possède de longues ailes effilées qui lui permettent de voler efficacement sur de grandes distances. Elle se nourrit principalement de petits poissons et d’autres animaux marins, notamment des crustacés et de petits invertébrés. Les zones océaniques riches en proies sont essentielles à chaque étape de sa migration, mais aussi à l’élevage des jeunes dans les colonies de reproduction. En se déplaçant entre les régions polaires, elle exploite successivement les ressources disponibles dans les deux hémisphères au moment où elles sont les plus abondantes.
Une navigation sur de très longues distances
Pour retrouver ses zones de reproduction et ses secteurs d’hivernage, la sterne arctique doit s’orienter au-dessus de vastes étendues marines. Les observations et les dispositifs de suivi ont montré que ses routes sont complexes et peuvent différer d’un individu à l’autre. L’oiseau ajuste vraisemblablement ses déplacements aux conditions rencontrées, notamment aux vents et à la disponibilité des proies. Cette capacité à parcourir régulièrement une telle distance explique pourquoi la sterne arctique est devenue un exemple emblématique des migrations animales et le principal détenteur du record évoqué ici.
Une espèce dépendante de plusieurs milieux
La migration de la sterne arctique repose sur la préservation de nombreux habitats, depuis les sites de nidification nordiques jusqu’aux zones marines fréquentées pendant le trajet et l’hivernage. Les perturbations des colonies, les changements dans la disponibilité des proies, la pollution et les transformations liées au climat peuvent affecter les différentes étapes de son cycle annuel. Son existence rappelle ainsi qu’un oiseau migrateur ne dépend pas d’un seul territoire : la protection de l’espèce nécessite de prendre en compte l’ensemble des espaces qu’elle utilise au cours de son extraordinaire voyage.
