Réchauffement climatique

Quel océan se réchauffe le plus rapidement à cause du changement climatique ?

La réponse

L'océan Arctique est celui qui se réchauffe le plus rapidement au monde. Il subit une hausse des températures deux à trois fois plus rapide que la moyenne mondiale, en partie à cause de la fonte de la banquise qui réduit la réflexion de la lumière solaire.

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L’océan Arctique est l’océan qui se réchauffe le plus rapidement à l’échelle mondiale. Dans cette région située autour du pôle Nord, la hausse des températures est généralement estimée à deux ou trois fois la moyenne du réchauffement planétaire. Ce phénomène, souvent appelé amplification arctique, résulte de plusieurs mécanismes qui se renforcent mutuellement. La diminution de la banquise en est l’un des signes les plus visibles, mais elle est aussi l’un des facteurs qui accélèrent le réchauffement des eaux et de l’atmosphère. La transformation de l’Arctique affecte les écosystèmes locaux et modifie progressivement les conditions de circulation de l’océan et de l’atmosphère.

La perte de l’effet miroir de la glace

La banquise recouverte de neige et de glace renvoie une grande partie du rayonnement solaire vers l’espace. Cette propriété, appelée albédo, limite l’énergie absorbée par la surface. Lorsque la glace fond et laisse apparaître l’eau sombre de l’océan, celle-ci absorbe au contraire davantage de rayonnement solaire et emmagasine plus de chaleur. Cette chaleur peut ensuite contribuer à retarder la reformation de la banquise pendant la saison froide. Il se crée ainsi une rétroaction positive : le recul de la glace favorise le réchauffement de l’océan, et le réchauffement rend plus probable la poursuite du recul de la glace. La fonte de la neige présente sur la banquise et sur les terres arctiques renforce également cette diminution de la réflectivité.

Une amplification propre aux hautes latitudes

La rapidité du réchauffement arctique ne s’explique pas uniquement par l’albédo. La disparition de la banquise permet aussi des échanges plus importants de chaleur et d’humidité entre l’océan et l’atmosphère, notamment en automne et en hiver, lorsque l’eau reste plus chaude que l’air environnant. Les changements de la couverture neigeuse, de la nébulosité et de la circulation atmosphérique peuvent également accentuer ou atténuer le phénomène selon les périodes et les secteurs. Il ne faut donc pas comprendre le chiffre de deux à trois fois la moyenne mondiale comme une valeur identique partout et en permanence : il s’agit d’un ordre de grandeur caractérisant l’amplification du réchauffement dans l’ensemble de la région arctique.

Des transformations pour les milieux vivants

Le réchauffement de l’océan Arctique modifie les conditions de vie des espèces dépendantes de la glace ou adaptées à des eaux très froides. Le recul et l’amincissement de la banquise réduisent les habitats utilisés par des animaux comme l’ours polaire, le phoque annelé et le morse. Le réchauffement de l’eau peut aussi déplacer l’aire de répartition de certaines espèces marines et perturber les relations entre les différents niveaux de la chaîne alimentaire. Ces évolutions ne touchent pas seulement la faune : elles affectent également les communautés humaines du pourtour arctique, dont certaines dépendent de la pêche, de la chasse et des ressources marines. L’Arctique constitue ainsi l’exemple le plus marqué d’un océan dont le réchauffement se trouve amplifié par la disparition progressive de la glace.

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