Qui a découvert quoi

Quel océan est considéré comme le plus profond du monde ?

La réponse

L'océan Pacifique est le plus profond du monde, avec une profondeur maximale de près de 11 034 mètres dans la fosse des Mariannes. Cette fosse, située au large des Philippines, a été explorée pour la première fois en 1960 par le bathyscaphe Trieste, piloté par Jacques Piccard et Don Walsh.

En savoir plus

L’océan Pacifique ne se contente pas d’être le plus vaste de la planète ; il abrite également le point le plus profond connu à ce jour. Cette caractéristique géologique majeure en fait bien plus qu’un simple étendue d’eau : un monde sous-marin d’une extrême complexité, où les forces tectoniques ont sculpté des reliefs abyssaux depuis des millions d’années.

La fosse des Mariannes : un gouffre sous-marin aux dimensions vertigineuses

La fosse des Mariannes, située dans l’ouest du Pacifique, s’étend sur environ 2 550 kilomètres de longueur pour une largeur moyenne de 70 kilomètres. Son point le plus bas, appelé Challenger Deep, atteint une profondeur officielle de 10 984 mètres selon les mesures modernes, bien que des expéditions ultérieures aient parfois évoqué des valeurs légèrement supérieures. Cette dépression résulte de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque des Philippines, un processus géologique qui se poursuit encore aujourd’hui à une vitesse de quelques centimètres par an.

Des explorations pionnières aux technologies contemporaines

Avant l’expédition historique du Trieste en 1960, les scientifiques ne disposaient que d’estimations indirectes de la profondeur de Challenger Deep, obtenues via des sonars. Le bathyscaphe, conçu par Auguste Piccard et piloté par son fils Jacques ainsi que par l’officier américain Don Walsh, a marqué l’histoire en atteignant le fond pour la première fois. Depuis, des missions robotisées comme celles du Deepsea Challenger (2012) ou des plongées habitées récentes (2019, 2023) ont permis d’affiner les mesures et d’étudier les écosystèmes uniques de ces abysses.

Un écosystème extrême et méconnu

Malgré des conditions hostiles – pression écrasante, obscurité totale et températures proches du point de congélation –, la fosse des Mariannes abrite une biodiversité surprenante. Des espèces adaptées à ces milieux, comme des amphipodes géants ou des poissons escargots, y ont été découvertes. Les chercheurs y étudient notamment des micro-organismes capables de dégrader des composés organiques dans des conditions de pression extrême, offrant des pistes pour comprendre les limites de la vie sur Terre et, potentiellement, ailleurs dans l’univers.

Un enjeu scientifique et environnemental majeur

Au-delà de son intérêt géologique, la fosse des Mariannes est devenue un symbole des défis posés par l’exploration des grands fonds. Les expéditions récentes ont révélé la présence de microplastiques et de polluants persistants à ces profondeurs, soulignant l’impact humain sur les écosystèmes les plus isolés. Ces découvertes renforcent l’urgence de protéger ces zones encore largement inexplorées, tout en développant des technologies capables de résister à des environnements aussi hostiles.

CultureG.org