Quel mouvement révolutionnaire, associé à Sun Yat-sen, a renversé la dynastie Qing en 1911 et fondé la République de Chine ?
La réponse
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La chute de la dynastie Qing en 1911 constitue l’un des grands tournants de l’histoire contemporaine de la Chine. Elle met fin à l’empire et ouvre la voie à la République de Chine. Le mouvement révolutionnaire principalement associé à Sun Yat-sen est le Tongmenghui, généralement traduit par « Alliance révolutionnaire ». Fondé avant la révolution, il rassemble plusieurs organisations hostiles au pouvoir impérial et devient ensuite l’un des fondements du Kuomintang.
La fondation du Tongmenghui
Le Tongmenghui est créé à Tokyo en 1905 sous l’impulsion de Sun Yat-sen et d’autres révolutionnaires chinois, notamment Huang Xing. Il résulte du rapprochement de plusieurs sociétés secrètes et groupes politiques opposés à la dynastie Qing, d’origine mandchoue. Son objectif est de renverser l’empire, d’établir une république et de restaurer la souveraineté politique de la Chine. Le mouvement s’inscrit dans un contexte de crise profonde : défaites militaires, concessions imposées par les puissances étrangères, difficultés économiques et incapacité du régime à mener les réformes jugées nécessaires. Sun Yat-sen associe progressivement cette action révolutionnaire à ses « Trois Principes du peuple » : le nationalisme, la démocratie et la notion de bien-être du peuple.
Le déclenchement de la révolution de 1911
La révolution dite Xinhai commence le 10 octobre 1911 avec le soulèvement de Wuchang, dans la province du Hubei. Cette insurrection, à laquelle participent des soldats et des révolutionnaires, déclenche une série de ruptures avec le pouvoir impérial dans plusieurs provinces. Le Tongmenghui joue un rôle important dans l’agitation révolutionnaire et dans la diffusion du projet républicain, mais la chute des Qing résulte aussi de l’action de forces militaires locales, de l’autonomie proclamée par des provinces et de négociations politiques. Sun Yat-sen ne dirige pas directement les combats de Wuchang : il se trouve alors à l’étranger et revient en Chine à la fin de l’année. Il est néanmoins reconnu comme la principale figure politique de la révolution et devient président provisoire de la République de Chine, proclamée à Nankin le 1er janvier 1912.
De l’empire à la république
La transition institutionnelle s’achève lorsque l’empereur Puyi abdique le 12 février 1912, mettant officiellement fin à la dynastie Qing. Sun Yat-sen accepte ensuite de laisser la présidence provisoire à Yuan Shikai, haut responsable militaire susceptible d’obtenir l’abdication de la cour impériale et de faciliter le transfert du pouvoir. La fondation de la République ne signifie toutefois pas que le Tongmenghui contrôle durablement l’ensemble du pays. Les rivalités entre groupes politiques, le poids de l’armée et l’influence croissante des chefs militaires régionaux rendent la nouvelle république particulièrement instable. La révolution a renversé la monarchie, mais elle ne crée pas immédiatement un État central pleinement consolidé.
La transformation en Kuomintang
En 1912, le Tongmenghui est réorganisé et fusionne avec d’autres forces politiques pour former le Kuomintang, ou Guomindang, souvent traduit par « Parti nationaliste chinois ». Il ne s’agit donc pas d’un mouvement totalement différent, mais de la transformation de l’Alliance révolutionnaire en une organisation politique plus structurée, appelée à défendre le projet républicain et l’unité nationale. Le Kuomintang connaît ensuite une histoire distincte de celle du Parti communiste chinois, fondé en 1921. Une coopération temporaire entre les deux formations aura lieu dans les années 1920, mais elle ne doit pas être confondue avec le rôle joué par le Tongmenghui dans le renversement des Qing. Pour la révolution de 1911, le mouvement à retenir est bien le Tongmenghui, devenu par la suite le Kuomintang.
