Quel monument parisien est souvent appelé l'aiguille de Cleopatra et pourquoi ?
La réponse
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Au centre de la place de la Concorde, à Paris, se dresse un monument dont le nom populaire prête à confusion : l’« aiguille de Cléopâtre ». Cette appellation désigne en réalité un obélisque égyptien, et non un édifice construit pour la célèbre reine. Sa silhouette étroite et élancée explique le mot « aiguille », tandis que la référence à Cléopâtre appartient à une tradition populaire associant les grands monuments de l’Égypte ancienne à cette souveraine devenue emblématique. L’histoire du monument remonte pourtant à une époque bien antérieure à son règne.
Un obélisque du temps de Ramsès II
Haut d’environ 23 mètres, l’obélisque parisien date du XIIIe siècle avant notre ère. Il a été réalisé sous le règne de Ramsès II, l’un des pharaons les plus puissants de l’Égypte ancienne, et provient de la région de Louxor. Comme les autres obélisques, il adopte une forme quadrangulaire qui se rétrécit vers le sommet. Ce type de monument était associé à l’architecture et à la religion royales de l’Égypte pharaonique. Sa présence à Paris ne doit donc pas faire oublier qu’il s’agit d’une œuvre conçue dans un contexte politique, religieux et artistique vieux de plusieurs millénaires.
Un surnom qui ne renvoie pas à la reine
Le nom d’« aiguille de Cléopâtre » n’indique pas que Cléopâtre aurait commandé l’obélisque ou qu’elle lui aurait été personnellement dédiée. La reine Cléopâtre VII a vécu bien après la période de Ramsès II, et les inscriptions du monument parisien célèbrent un autre souverain. Le surnom repose surtout sur l’association traditionnelle entre l’Égypte, ses obélisques et la figure très célèbre de Cléopâtre. Le terme « aiguille » évoque quant à lui la forme verticale et effilée du monument. Cette appellation populaire est donc évocatrice, mais elle ne constitue pas son nom historique ni une preuve d’un lien direct avec la reine.
Un don de Muhammad Ali à la France
L’obélisque fut offert à la France en 1829 par Muhammad Ali, vice-roi d’Égypte. Ce geste s’inscrivait dans les relations culturelles et diplomatiques entre les deux pays et rendait hommage à la contribution française à l’égyptologie. Le monument fut ensuite transporté jusqu’à Paris, où il fut installé place de la Concorde. Son déplacement a donné à la capitale française un témoignage monumental de l’Égypte pharaonique, tout en séparant l’obélisque de son cadre d’origine. La place de la Concorde est ainsi devenue le lieu où ce vestige antique est aujourd’hui le plus visible du public français.
Les inscriptions dédiées à Ramsès II
Les faces de l’obélisque portent des hiéroglyphes qui célèbrent le pharaon Ramsès II. Ces textes rappellent la fonction de représentation du pouvoir royal propre aux monuments pharaoniques : l’obélisque ne servait pas seulement à décorer un espace, il contribuait aussi à conserver la mémoire et la grandeur du souverain. Les inscriptions permettent donc d’identifier son origine historique et de comprendre pourquoi il ne peut pas être considéré comme un monument de l’époque de Cléopâtre. Malgré son surnom, l’« aiguille de Cléopâtre » est bien l’obélisque égyptien de la place de la Concorde, offert à la France au XIXe siècle et héritier direct du règne de Ramsès II.
