Quel ministre de Louis XVI proposa des réformes fiscales en 1787 pour résoudre la crise financière, mais fut renvoyé ?
La réponse
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Charles Alexandre de Calonne fut le ministre de Louis XVI qui tenta, en 1787, de répondre à la crise financière de la monarchie par une réforme générale de l’impôt. Contrôleur général des finances à partir de 1783, il proposa notamment de faire contribuer les propriétaires sans distinction d’ordre, y compris les groupes privilégiés. Son projet rencontra une forte opposition politique. Écarté du pouvoir en avril 1787, Calonne ne put mener à bien cette transformation, qui aurait exigé de remettre en cause les exemptions fiscales et les équilibres institutionnels de l’Ancien Régime.
Une monarchie confrontée à la crise financière
Nommé contrôleur général des finances en novembre 1783, Calonne succédait à Henri Lefèvre d’Ormesson. La monarchie faisait face à un endettement important, aggravé par les dépenses engagées lors de la guerre d’indépendance américaine et par les limites d’un système fiscal complexe. Les impôts étaient inégalement répartis, tandis que certains ordres et certaines provinces bénéficiaient d’exemptions ou de régimes particuliers. Calonne estima que des mesures ponctuelles ne suffiraient pas et défendit une réorganisation d’ensemble destinée à accroître les recettes et à restaurer la confiance des prêteurs.
Le projet de réforme de 1787
Pour obtenir un soutien politique à son programme, Calonne fit convoquer une Assemblée des notables, réunie à Versailles à partir de février 1787. Il y présenta un plan comprenant la création d’une subvention territoriale, un impôt foncier permanent qui devait toucher les propriétaires indépendamment de leur appartenance à un ordre. Il envisageait également de remplacer la corvée destinée à l’entretien des routes par une contribution financière, de réorganiser l’administration provinciale et de poursuivre la libéralisation du commerce des grains. L’objectif était de rendre les recettes plus régulières et de répartir plus largement la charge fiscale, plutôt que de continuer à recourir principalement à l’emprunt.
L’opposition des corps privilégiés
L’Assemblée des notables ne valida pas le programme comme Calonne l’espérait. Ses membres contestèrent notamment la méthode employée et demandèrent des éclaircissements sur la situation financière du royaume. L’affaire prit rapidement une dimension politique : une réforme imposant un impôt foncier aux privilégiés menaçait des intérêts solidement établis. Dans la suite de la crise, les parlements s’opposèrent eux aussi aux mesures fiscales destinées à mettre en œuvre le redressement. Ces cours de justice, qui enregistraient les édits royaux, n’étaient pas des assemblées représentatives de la nation, mais elles pouvaient bloquer ou retarder l’application des décisions monarchiques. L’échec du projet résulta ainsi de la résistance conjointe de plusieurs institutions et groupes privilégiés.
Le renvoi de Calonne
Louis XVI renvoya Calonne le 8 avril 1787, après l’échec de sa stratégie auprès des notables et face à l’hostilité croissante que suscitaient ses réformes. Il fut remplacé dans la conduite des affaires financières par Étienne-Charles de Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, qui tenta à son tour de résoudre le déficit et de faire accepter de nouveaux impôts. Le départ de Calonne ne mit donc pas fin à la crise : les résistances des parlements et des privilégiés persistèrent, tandis que la monarchie demeurait incapable d’obtenir durablement les moyens financiers nécessaires sans élargir la participation politique. Cette impasse contribua à précipiter la crise de 1788-1789 et la convocation des États généraux.
