Questions sur les inventions

Quel médicament est généralement considéré comme le premier médicament de synthèse commercialisé ?

La réponse

L’antipyrine (ou phénazone), synthétisée en 1883 et commercialisée en 1884 par Hoechst, est généralement considérée comme le premier médicament de synthèse commercialisé. L’aspirine a été synthétisée en 1897 et commercialisée à partir de 1899.

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L’antipyrine, également appelée phénazone, occupe une place fondatrice dans l’histoire de l’industrie pharmaceutique. Synthétisée en 1883 puis commercialisée dès 1884 par Hoechst, elle est généralement considérée comme le premier médicament de synthèse commercialisé. Cette distinction revient donc à une substance antérieure à l’aspirine, même si cette dernière est devenue beaucoup plus célèbre auprès du grand public.

Une molécule conçue en laboratoire

L’antipyrine est un médicament obtenu par synthèse chimique, et non par simple extraction d’un principe actif provenant d’une plante ou d’un autre produit naturel. Elle a été développée à une époque où la chimie organique permettait de fabriquer des substances destinées à un usage thérapeutique avec une régularité et une reproductibilité nouvelles. Ses propriétés antipyrétiques, c’est-à-dire capables de faire baisser la fièvre, ainsi que ses effets analgésiques, contre la douleur, ont favorisé son emploi médical. Sa mise sur le marché par Hoechst a constitué une étape importante dans le passage d’une pharmacopée fondée principalement sur les remèdes naturels à une industrie capable de produire des médicaments issus de la synthèse chimique.

Pourquoi l’antipyrine est considérée comme la première

La formule « premier médicament de synthèse commercialisé » renvoie à un repère historique généralement admis, mais elle ne signifie pas que l’antipyrine serait le tout premier produit chimique utilisé en médecine. Des substances minérales ou organiques préparées artificiellement avaient déjà connu des usages médicaux. La particularité de l’antipyrine tient à la combinaison de plusieurs éléments : elle a été conçue comme un médicament de synthèse, ses propriétés thérapeutiques étaient identifiées et sa production a été organisée à une échelle commerciale. La date de 1883 correspond à sa synthèse, tandis que l’année 1884 marque le début de sa commercialisation par Hoechst. Cette chronologie explique la place qu’elle occupe dans les histoires de la pharmacie et de la chimie industrielle.

Une étape avant l’essor des médicaments modernes

Le succès de l’antipyrine a contribué à montrer qu’une substance fabriquée en laboratoire pouvait devenir un produit thérapeutique largement distribué. Il s’inscrit dans le développement, à la fin du XIXe siècle, de liens étroits entre recherche chimique, production industrielle et commercialisation des médicaments. L’antipyrine n’est toutefois pas à confondre avec les molécules qui lui ont succédé dans la notoriété ou dans l’usage. Son importance est avant tout historique : elle illustre l’émergence des médicaments de synthèse comme catégorie industrielle et thérapeutique identifiable.

L’aspirine, une innovation postérieure

L’aspirine est souvent associée à cette première révolution pharmaceutique, mais elle n’en est pas le point de départ. L’acide acétylsalicylique a été synthétisé en 1897, puis commercialisé à partir de 1899. Elle apparaît donc plusieurs années après l’antipyrine. Son immense succès a ensuite contribué à populariser l’idée du médicament fabriqué par synthèse et a durablement marqué l’histoire de la pharmacie. Cette célébrité explique probablement pourquoi l’aspirine est parfois présentée à tort comme le premier médicament de synthèse commercialisé, alors que cette distinction revient généralement à l’antipyrine, commercialisée dès 1884.

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