Quel mammifère marin est capable de retenir son souffle le plus longtemps ?
La réponse
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La baleine à bec de Cuvier est le mammifère marin qui détient le record documenté de la plus longue apnée. Discrète et difficile à observer, cette espèce fréquente les eaux profondes des océans et passe une grande partie de son existence loin de la surface. Ses performances dépassent celles des autres mammifères marins connus : elle peut rester immergée pendant plus de trois heures avant de refaire surface.
Un record de 222 minutes
Le record attribué à la baleine à bec de Cuvier atteint 222 minutes, soit environ trois heures et quarante-deux minutes. Cette durée exceptionnelle en fait la championne des plongées prolongées chez les mammifères marins. Elle est très supérieure aux durées généralement observées chez la plupart des cétacés, y compris chez des espèces réputées pour leurs plongées profondes. La performance ne correspond pas à une simple immobilisation sous l’eau : la baleine descend, se déplace et recherche vraisemblablement sa nourriture dans un environnement où la lumière est très faible et où la pression augmente rapidement.
Des plongées à près de 3 000 mètres
La baleine à bec de Cuvier ne détient pas seulement un record de durée. Elle est également capable d’atteindre près de 3 000 mètres de profondeur, ce qui la place parmi les animaux plongeurs les plus remarquables de la planète. À cette profondeur, la pression est considérable et les conditions sont très différentes de celles rencontrées près de la surface. Les plongées de l’espèce sont donc des expéditions extrêmes, au cours desquelles elle doit supporter simultanément l’obscurité, le froid des eaux profondes et la raréfaction de l’oxygène disponible.
Un organisme adapté à l’apnée
Ces prouesses reposent sur un ensemble d’adaptations physiologiques. Comme les autres mammifères marins plongeurs, la baleine à bec de Cuvier emmagasine l’oxygène dans son sang et dans ses muscles, puis réduit sa consommation pendant l’immersion. Son organisme peut aussi privilégier l’alimentation en sang des organes essentiels lorsque la plongée se prolonge. Ces mécanismes permettent de retarder l’épuisement des réserves d’oxygène et d’affronter les effets de la pression. La réussite d’une plongée aussi longue ne dépend donc pas uniquement de la capacité pulmonaire, mais d’une organisation générale du corps spécialisée pour l’apnée.
Une espèce difficile à étudier
La baleine à bec de Cuvier est rarement visible en surface et mène une existence largement océanique. Les scientifiques ont longtemps eu peu d’occasions d’observer directement ses plongées, ce qui explique l’importance des dispositifs de suivi et des enregistrements réalisés en mer. Chaque nouvelle observation contribue à mieux comprendre comment cette espèce exploite les profondeurs. Son record rappelle surtout que les capacités des mammifères marins ne se limitent pas aux espèces les plus connues : un cétacé discret peut être le spécialiste le plus accompli de la plongée prolongée.
