Animaux marins

Quel mammifère marin effectue le plus long voyage migratoire ?

La réponse

La baleine grise effectue le plus long voyage migratoire parmi les mammifères marins, parcourant jusqu’à environ 20 000 kilomètres aller-retour entre l’Arctique et les eaux du Mexique.

En savoir plus

La baleine grise est le mammifère marin qui effectue le plus long voyage migratoire connu. Chaque année, certaines populations du Pacifique Nord parcourent jusqu’à environ 20 000 kilomètres aller-retour entre leurs zones d’alimentation de l’Arctique et les eaux côtières du Mexique. Cette migration saisonnière relie des milieux très différents et rythme l’ensemble du cycle de vie de l’espèce, de l’alimentation à la reproduction.

Une migration entre l’Arctique et le Mexique

Au printemps et en été, les baleines grises gagnent les régions septentrionales du Pacifique Nord, notamment la mer de Béring et la mer des Tchouktches. Elles y profitent de la forte disponibilité de nourriture pour reconstituer leurs réserves énergétiques. Leur régime comprend principalement de petits organismes vivant sur ou dans les fonds marins, comme des amphipodes et d’autres invertébrés. À l’approche de l’hiver, elles repartent vers le sud en suivant globalement les côtes de l’Amérique du Nord. Elles atteignent notamment les lagunes de Basse-Californie, au Mexique, où les femelles peuvent mettre bas et où les jeunes bénéficient d’eaux relativement abritées. Le trajet du retour vers le nord s’effectue ensuite lorsque la saison de reproduction est achevée.

Un déplacement lié au cycle de vie

La migration de la baleine grise répond à une alternance précise entre alimentation et reproduction. Les eaux arctiques offrent des ressources abondantes pendant la belle saison, mais elles deviennent moins favorables lorsque l’hiver approche. Les lagunes mexicaines, elles, ne constituent pas le principal lieu d’alimentation de l’espèce : elles servent surtout de zones de reproduction et de mise bas. Les baleines grises disposent alors des réserves accumulées durant la période estivale. Comme beaucoup de grands cétacés, elles doivent donc trouver un équilibre entre les besoins énergétiques d’un déplacement considérable, la gestation et l’allaitement des jeunes. La longueur du parcours explique en grande partie pourquoi cette migration est considérée comme un record chez les mammifères marins.

Une navigation sur de très longues distances

Pour parcourir une telle distance, les baleines grises suivent une route largement côtière, ce qui peut leur fournir des repères géographiques et limiter l’éloignement des zones peu profondes. Les mécanismes exacts de leur orientation ne sont toutefois pas entièrement établis. La mémoire des itinéraires, les caractéristiques du littoral et d’autres indices environnementaux pourraient contribuer à leur navigation, mais il convient de distinguer ces hypothèses des mécanismes définitivement démontrés. La fidélité générale au calendrier et aux zones de migration montre néanmoins l’importance de cette route pour la survie et la reproduction de l’espèce.

Un record exposé aux activités humaines

Un déplacement aussi long rend la baleine grise dépendante de nombreux espaces marins successifs. Elle peut être confrontée au trafic maritime, au bruit sous-marin, à la pollution et aux engins de pêche, tandis que les changements affectant les écosystèmes arctiques peuvent modifier l’abondance de ses proies. La chasse commerciale a autrefois fortement réduit ses effectifs, même si certaines populations ont connu une importante reconstitution après la mise en place de mesures de protection. La préservation des zones d’alimentation, des routes côtières et des lagunes de reproduction est donc essentielle pour maintenir ce spectaculaire voyage annuel.

CultureG.org