Géographie mondiale

Quel lac, situé entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, était autrefois le quatrième plus grand lac du monde avant de presque disparaître ?

La réponse

La mer d'Aral, partagée entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, était autrefois le quatrième plus grand lac du monde avant de se réduire drastiquement.

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La mer d’Aral est un vaste lac fermé d’Asie centrale, partagé entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Malgré son nom de « mer », elle ne communiquait pas avec un océan. Jusqu’au milieu du XXe siècle, elle constituait l’un des principaux plans d’eau intérieurs de la planète et était considérée comme le quatrième plus grand lac du monde. Sa disparition progressive est devenue un symbole des effets que peuvent avoir de grands aménagements agricoles sur un écosystème entier.

Un lac alimenté par deux fleuves

La mer d’Aral se trouvait au cœur d’une région aride, mais elle recevait l’essentiel de ses eaux de deux grands fleuves d’Asie centrale : l’Amou-Daria, au sud, et le Syr-Daria, au nord. Leurs deltas formaient des zones humides particulièrement riches, tandis que les rives abritaient des villes, des ports et des communautés de pêcheurs. Le lac jouait donc un rôle économique et écologique majeur dans une région où l’eau est une ressource rare.

Le détournement des eaux

À partir des années 1960, les autorités soviétiques développèrent de vastes réseaux d’irrigation afin d’étendre les terres agricoles, notamment pour cultiver le coton. Une part croissante des eaux de l’Amou-Daria et du Syr-Daria fut alors prélevée avant d’atteindre la mer d’Aral. Dans ce climat chaud et sec, l’évaporation accentua encore le déficit hydrique. Le niveau du lac baissa, sa superficie et son volume diminuèrent fortement, et la concentration en sel augmenta.

Une catastrophe écologique et humaine

Le retrait des eaux a entraîné l’effondrement de la pêche, autrefois essentielle à l’économie locale. Des ports se sont retrouvés éloignés du rivage et des zones humides ont disparu. Sur les fonds mis à nu s’est formé l’Aralkum, un désert issu de l’ancien lit du lac. Les vents y soulèvent des poussières salées qui peuvent dégrader les sols et affecter les populations voisines. La disparition de cette immense étendue d’eau a également rendu le climat régional plus continental, avec des écarts de température plus marqués.

Une restauration partielle au nord

En se retirant, la mer d’Aral s’est progressivement séparée en plusieurs bassins, notamment une partie septentrionale au Kazakhstan et une partie méridionale largement située en Ouzbékistan. La construction du barrage de Kok-Aral, achevée en 2005 au Kazakhstan, a permis de retenir davantage les eaux du Syr-Daria dans la partie nord. Le niveau et la salinité de cette Petite mer d’Aral se sont améliorés, ce qui a favorisé un retour partiel des poissons et de l’activité de pêche. Dans le sud, en revanche, la Grande mer d’Aral est restée extrêmement dégradée et certaines de ses portions ont presque entièrement disparu. La mer d’Aral n’a donc pas retrouvé son état d’origine, mais son histoire montre que des mesures ciblées peuvent encore préserver les fragments survivants de cet ancien lac géant.

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