Géographie mondiale

Quel lac, situé entre l'Ouganda, la Tanzanie et le Kenya, est le plus grand lac d'Afrique en superficie ?

La réponse

Le lac Victoria.

En savoir plus

Au cœur de l’Afrique orientale, le lac Victoria forme une immense étendue d’eau douce partagée par l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya. Avec une superficie d’environ 68 800 kilomètres carrés, il est le plus grand lac d’Afrique selon ce critère. Il est également considéré comme le plus vaste lac tropical du monde et comme le deuxième plus grand lac d’eau douce par sa surface, après le lac Supérieur, en Amérique du Nord. Sa taille en fait un élément central de la géographie, de l’économie et des équilibres écologiques de la région.

Un vaste bassin d’eau douce

La superficie du lac Victoria ne doit pas être confondue avec son volume. Le lac Tanganyika, également situé en Afrique orientale, est beaucoup plus profond et contient davantage d’eau, tandis que le Victoria est relativement peu profond et très étendu. Son alimentation dépend largement des précipitations, auxquelles s’ajoutent les eaux de plusieurs cours d’eau. À son extrémité septentrionale, près de Jinja en Ouganda, son principal émissaire forme le Victoria Nile, qui appartient au réseau hydrographique du Nil.

Un espace partagé entre trois pays

Les rives du lac s’étendent sur trois États, ce qui lui confère une importance transfrontalière. La Tanzanie en possède la plus grande partie, tandis que l’Ouganda et le Kenya se partagent les autres secteurs du rivage. Des villes comme Mwanza en Tanzanie, Kisumu au Kenya et Entebbe en Ouganda sont directement liées à ses activités. Le lac fournit de l’eau, facilite certains transports et soutient de nombreuses communautés riveraines. Ses îles et ses rivages accueillent aussi une grande diversité de paysages et d’usages, qui varient selon les régions.

Une biodiversité profondément transformée

Le lac Victoria est réputé pour la diversité de ses poissons, notamment ses nombreuses espèces de cichlidés, dont plusieurs sont endémiques. Cet ensemble biologique a toutefois été fortement perturbé par l’introduction de la perche du Nil au cours du XXe siècle, par la surpêche et par la dégradation des habitats. La jacinthe d’eau, plante invasive, peut également former des nappes denses qui gênent la navigation et réduisent la qualité des milieux aquatiques. Les rejets urbains et agricoles contribuent en outre à l’enrichissement excessif de l’eau en nutriments, un phénomène qui favorise la prolifération d’algues et appauvrit certains secteurs en oxygène.

Une ressource essentielle et vulnérable

La pêche demeure une activité majeure autour du lac Victoria et fait vivre de nombreuses familles, tandis que l’agriculture, le commerce, le transport et le tourisme dépendent aussi de ses eaux. Cette concentration d’activités rend sa gestion particulièrement complexe, car les décisions prises dans un pays peuvent avoir des conséquences sur les deux autres. Les niveaux du lac fluctuent naturellement en fonction des pluies et de l’évaporation ; il est donc imprudent de parler d’une baisse constante. Les effets de la variabilité climatique, la pollution et la pression exercée sur les ressources rendent indispensable une coopération entre l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya, notamment dans le cadre de la Commission du bassin du lac Victoria.

CultureG.org