Histoire des jeux vidéo

Quel jeu a popularisé le genre survival horror avant Resident Evil ?

La réponse

Le jeu Alone in the Dark, sorti en 1992, est souvent considéré comme le précurseur du genre survival horror. Il a introduit des éléments comme l'exploration d'un manoir hanté et des énigmes à résoudre, influençant directement des titres comme Resident Evil.

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Sorti en 1992 sur ordinateur, Alone in the Dark est souvent considéré comme le précurseur du survival horror. Développé et publié par Infogrames, le jeu plonge le joueur dans le manoir de Derceto, un lieu inquiétant où l’exploration, les énigmes et la confrontation avec des créatures fantastiques s’articulent autour d’une atmosphère de peur. Quatre ans avant Resident Evil, il a ainsi posé plusieurs principes qui allaient être repris et popularisés à plus grande échelle par le titre de Capcom.

Le manoir de Derceto, premier espace du genre

L’action d’Alone in the Dark se déroule principalement dans Derceto, une demeure isolée de Louisiane dont le propriétaire, Jeremy Hartwood, vient de mourir dans des circonstances mystérieuses. Le joueur doit progresser de pièce en pièce, examiner son environnement, trouver des objets et résoudre des énigmes afin de comprendre les événements qui ont frappé le manoir. Cette structure fait de l’exploration un élément central : l’angoisse ne vient pas seulement des affrontements, mais aussi de la découverte progressive des lieux et des indices qu’ils renferment. L’univers du jeu est notamment marqué par l’influence de la littérature fantastique et horrifique, en particulier celle de H.

. Lovecraft.

Une mise en scène fondée sur la tension

Alone in the Dark se distingue également par sa représentation visuelle. Les personnages et certaines créatures sont modélisés en trois dimensions, tandis que l’action est observée à travers une succession de cadrages fixes. Il ne s’agit donc pas d’une vue en 3D isométrique, contrairement à ce qui est parfois affirmé : la caméra change de position lorsque le personnage franchit certaines zones du décor. Ce procédé limite volontairement la visibilité et peut dissimuler un danger hors champ, renforçant la tension lors des déplacements. Les décors, les silences et les apparitions soudaines participent ainsi à une mise en scène de l’horreur encore inhabituelle dans les jeux vidéo de l’époque.

Deux personnages et une progression par les énigmes

Au début de l’aventure, le joueur peut choisir entre Edward Carnby et Emily Hartwood. Ces deux protagonistes sont liés à l’enquête menée dans le manoir, et ce choix donne accès à l’histoire à partir de personnages différents. La progression repose largement sur l’observation et la résolution d’énigmes : il faut interpréter des documents, identifier l’utilité de certains objets et comprendre comment contourner les obstacles du domaine. Les affrontements existent, mais ils ne constituent pas l’unique moyen d’avancer. Cette combinaison entre exploration, réflexion et menaces surnaturelles contribue à la formule qui sera ensuite associée au survival horror.

Une influence directe sur Resident Evil

Resident Evil, sorti en 1996, n’a pas créé cette formule à partir de rien. Il a repris et perfectionné plusieurs idées déjà présentes dans Alone in the Dark : le cadre clos et inquiétant, les angles de caméra fixes, l’exploration méthodique, les énigmes, les objets à collecter et la confrontation avec des créatures. Resident Evil a ensuite donné à ces mécanismes une visibilité mondiale et a largement contribué à populariser le terme et le genre auprès du grand public. Alone in the Dark conserve néanmoins une place essentielle dans cette histoire, car il a montré dès 1992 qu’un jeu pouvait construire la peur par l’atmosphère, la mise en scène et la progression plutôt que par la seule action.

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