Musique

Quel instrument, inventé au XIXe siècle, est souvent associé au son électrique et a révolutionné la musique pop et rock ?

La réponse

La guitare électrique.

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La guitare électrique est devenue l’un des instruments emblématiques de la musique populaire. En transformant les vibrations des cordes en signal électrique, puis en les restituant par un amplificateur, elle a permis d’obtenir un volume et une puissance inconnus de la guitare acoustique traditionnelle. Son rôle dans le blues, le jazz, le rock, la pop et de nombreux autres genres tient autant à sa conception qu’aux possibilités offertes par l’amplification, la saturation et les effets. Contrairement à une datation parfois avancée, la guitare électrique moderne n’a pas été inventée au XIXe siècle : ses premiers développements décisifs appartiennent au XXe siècle, notamment aux années 1920 et 1930.

Les débuts de l’amplification

Les premières guitares électriques répondent à un problème pratique rencontré par les musiciens de jazz et de blues : dans les orchestres, le son d’une guitare acoustique pouvait être couvert par les cuivres, la batterie ou les autres instruments. Des inventeurs cherchent alors à capter les vibrations des cordes au moyen de dispositifs électromagnétiques. L’Américain George Beauchamp joue un rôle important dans ces recherches et travaille avec la société qui deviendra Rickenbacker. Au début des années 1930 apparaît notamment la « Frying Pan », un instrument à corps plein conçu pour être joué à plat, dont la forme évoque une poêle à frire. Il s’agit d’une guitare hawaïenne électrique plutôt que d’une guitare moderne au sens habituel, mais elle constitue une étape majeure dans l’histoire de l’instrument.

Les guitares électriques à caisse creuse se développent ensuite rapidement. En 1936, Gibson lance l’ES-150, l’un des premiers modèles électriques à rencontrer un véritable succès. Le guitariste de jazz Charlie Christian contribue fortement à faire entendre le potentiel de la guitare amplifiée comme instrument soliste, notamment dans ses collaborations avec l’orchestre de Benny Goodman. L’amplification ne sert donc plus seulement à rendre la guitare audible : elle lui permet de prendre une place mélodique et expressive au premier plan.

La généralisation des modèles à corps plein

La guitare électrique connaît une nouvelle étape après la Seconde Guerre mondiale avec la diffusion des modèles à corps plein. Chez Fender, le modèle Broadcaster est présenté en 1950 avant d’être renommé Telecaster en 1951, puis la Stratocaster apparaît en 1954. Ces instruments sont appréciés pour leur fabrication adaptée à la production en série, leur polyvalence et leur capacité à fonctionner à volume élevé avec moins de risques de larsen qu’une guitare à caisse creuse. Gibson lance de son côté la guitare Les Paul en 1952, développée avec le guitariste Lester Polfus, connu sous le nom de Les Paul. Ces modèles contribuent à fixer les grandes familles de guitares électriques encore utilisées aujourd’hui, avec notamment des micros simples ou, dans le cas de nombreux modèles Gibson ultérieurs, des micros doubles.

Le cœur du rock et de la pop

Dans les années 1950, la guitare électrique devient un élément central du rock’n’roll, portée par des artistes comme Chuck Berry et Buddy Holly. Elle s’impose ensuite dans le blues rock et le rock britannique. Au cours des années 1960, des guitaristes tels que Jimi Hendrix, Eric Clapton et Jimmy Page explorent de nouvelles façons de jouer avec le volume, le feedback, la distorsion et les effets. La guitare n’est plus seulement un instrument destiné à reproduire fidèlement une note : elle peut produire des textures, des prolongements sonores et des timbres très éloignés de ceux d’une guitare acoustique. Les Beatles, les Rolling Stones et de nombreux autres groupes l’intègrent au centre de leurs arrangements, tandis que la pop, le funk, le hard rock et, plus tard, le heavy metal en développent chacun les usages.

Un instrument toujours transformé

Le son de la guitare électrique dépend de toute une chaîne : les cordes et les micros, mais aussi l’amplificateur, les haut-parleurs, les pédales d’effets et les techniques d’enregistrement. La réverbération, le délai, la fuzz, la wah-wah ou la distorsion ont ainsi élargi sa palette sonore bien au-delà de la simple amplification. Des instruments dotés de micros actifs, de capteurs piezoélectriques ou d’interfaces numériques ont ensuite permis d’autres approches, sans faire disparaître les modèles classiques. Cette capacité à passer d’un accompagnement discret à un son massif ou expérimental explique la longévité de la guitare électrique et sa place durable dans la musique pop et rock.

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