Quel instrument est traditionnellement associé à la musique classique indienne et possède généralement 18 à 20 cordes ?
La réponse
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Le sitar est l’un des instruments les plus reconnaissables de la musique classique indienne. Ce luth à cordes pincées, particulièrement présent dans la tradition hindoustanie du nord de l’Inde, se distingue par son long manche, ses frettes mobiles et la richesse de sa résonance. Selon les modèles et les écoles de facture, il possède généralement autour de 18 à 20 cordes, réparties entre les cordes utilisées pour jouer la mélodie et les cordes sympathiques qui prolongent et colorent le son.
Une histoire liée à l’Inde du Nord
L’histoire du sitar est complexe et ne se résume pas à l’invention attribuée à un personnage unique. Son nom et certains éléments de sa conception sont souvent rapprochés du setar persan, mais l’instrument tel qu’il est connu aujourd’hui s’est développé progressivement dans les traditions musicales de l’Inde du Nord. Sa forme moderne s’est affinée au fil de l’évolution de la musique classique hindoustanie et du travail de différentes lignées de musiciens et de luthiers. Il est donc préférable de parler d’une construction historique progressive plutôt que d’une date précise de création ou d’un inventeur incontesté.
Des cordes aux fonctions différentes
La particularité du sitar tient notamment à l’organisation de ses cordes. Les cordes principales, placées au-dessus du manche, servent à jouer les phrases mélodiques ; leur nombre varie selon les instruments, mais il est souvent compris entre six et sept. Sous les frettes se trouvent généralement des cordes sympathiques, appelées tarab, qui vibrent par résonance lorsqu’une note correspondante est jouée. Elles ne sont pas directement pincées dans l’exécution ordinaire, mais elles contribuent au timbre ample et brillant de l’instrument. Le sitar comporte aussi une caisse de résonance, souvent associée à une calebasse, ainsi qu’un manche muni de frettes métalliques courbées et déplaçables. Cette disposition permet au musicien d’effectuer des glissés et des inflexions caractéristiques.
Le rôle du sitar dans le raga
Le sitar est principalement employé pour interpréter les ragas de la musique classique hindoustanie. Le musicien utilise un mizrab, petit plectre métallique fixé à un doigt, pour pincer les cordes. Une interprétation peut commencer par un alap, passage libre et non mesuré consacré à la présentation progressive du raga. Elle peut ensuite évoluer vers des sections plus rythmées, comme le jor et le jhala, puis s’appuyer sur une composition accompagnée par le tabla. La tanpura fournit quant à elle un bourdon continu qui établit le cadre sonore. Ces éléments ne constituent pas une formule identique pour chaque concert, mais ils appartiennent au vocabulaire courant des récitals de sitar.
Une renommée devenue internationale
Au XXe siècle, des artistes comme Ravi Shankar et Vilayat Khan ont joué un rôle majeur dans la renommée du sitar, en développant des styles personnels et en le faisant connaître à un public bien plus large que celui des cercles traditionnels. Ravi Shankar a notamment contribué à sa diffusion internationale, tandis que les échanges entre musiciens indiens et occidentaux ont renforcé sa présence dans les festivals et les collaborations musicales. Le sitar reste toutefois d’abord un instrument de la musique classique indienne : sa sonorité singulière repose sur l’importance accordée au raga, aux variations mélodiques, au bourdon et aux résonances de ses nombreuses cordes.
