Quel homme politique français a instauré la Ve République en 1958 ?
La réponse
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En 1958, le général Charles de Gaulle joue un rôle central dans la naissance de la Ve République, un régime qui demeure aujourd’hui le cadre institutionnel de la France. Son retour au pouvoir intervient dans un contexte de crise politique majeure, largement liée à la guerre d’Algérie et à l’instabilité de la IVe République. De Gaulle ne crée toutefois pas seul ce nouveau régime : la Constitution est élaborée par son gouvernement, approuvée par référendum, puis promulguée le 4 octobre 1958.
Le retour au pouvoir dans la crise algérienne
Depuis 1954, la guerre d’Algérie oppose les autorités françaises aux indépendantistes du Front de libération nationale et divise profondément la société française. Le 13 mai 1958, une insurrection éclate à Alger. Des manifestants européens et des militaires investissent notamment le bâtiment du gouvernement général, faisant planer la menace d’un affrontement entre les partisans de l’Algérie française, l’armée et les institutions républicaines. La crise fragilise davantage la IVe République, déjà marquée par une forte instabilité gouvernementale. Le président de la République René Coty fait alors appel à Charles de Gaulle, qui s’était retiré de la vie politique depuis 1946. Le 1er juin 1958, l’Assemblée nationale l’investit comme président du Conseil. De Gaulle forme un gouvernement et obtient l’autorisation de préparer une nouvelle Constitution.
Une Constitution conçue pour renforcer l’exécutif
Le projet constitutionnel est élaboré au cours de l’été 1958 sous l’autorité du gouvernement de Gaulle, avec un rôle important joué par Michel Debré et par les juristes du Conseil d’État. L’objectif est de remédier aux faiblesses attribuées au régime précédent, en particulier la difficulté à maintenir des gouvernements durables et à conduire une politique cohérente. Le texte affirme plusieurs principes : la responsabilité du gouvernement devant le Parlement, la séparation des fonctions publiques et l’existence d’un exécutif doté de pouvoirs plus importants. Soumise au référendum le 28 septembre 1958, la Constitution est approuvée par près de 80 % des votants. Elle est promulguée le 4 octobre, date retenue comme celle de la naissance officielle de la Ve République.
Le fonctionnement des nouvelles institutions
La Constitution de 1958 renforce la fonction présidentielle par rapport à celle qui existait sous la IVe République. Le président de la République nomme le Premier ministre, préside le Conseil des ministres et peut, sous certaines conditions, dissoudre l’Assemblée nationale. Le gouvernement reste responsable devant les députés, mais ses relations avec le Parlement sont davantage encadrées par le texte constitutionnel. À l’origine, le président est élu au suffrage indirect par un collège de grands électeurs. De Gaulle fait ensuite adopter en 1962 une révision constitutionnelle instaurant l’élection du président au suffrage universel direct ; la première élection présidentielle organisée selon ce nouveau mode de scrutin a lieu en 1965. Cette évolution accroît encore la place du chef de l’État dans la vie politique française.
Une République durable malgré les crises
La Ve République est confrontée à de fortes tensions dès ses premières années. La question algérienne reste au cœur de la politique de Charles de Gaulle, qui évolue progressivement vers l’autodétermination et l’indépendance de l’Algérie. Les accords d’Évian, conclus en mars 1962, mettent fin aux hostilités et ouvrent la voie à l’indépendance. Cette orientation provoque une opposition violente de la part de certains défenseurs de l’Algérie française, y compris au sein de l’armée. Le régime traverse ensuite d’autres crises, notamment les événements de Mai 1968, mais il survit au départ de De Gaulle, qui démissionne en 1969 après le rejet du référendum sur la régionalisation. Son architecture institutionnelle continue ainsi de fonctionner au-delà de la personne de son fondateur, au gré des alternances politiques et des périodes de cohabitation.
