Quel homme politique a dirigé la France pendant la Seconde Guerre mondiale ?
La réponse
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Pendant la Seconde Guerre mondiale, Philippe Pétain a dirigé la France dans le cadre du régime de Vichy, de 1940 à 1944. Maréchal de France, il devient président du Conseil le 16 juin 1940, au moment où l’armée française est battue par l’Allemagne. Après la signature de l’armistice, le Parlement réuni à Vichy lui accorde les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. Pétain devient alors le chef de l’État français, un régime autoritaire installé dans la ville de Vichy et soumis aux contraintes de l’occupation allemande. Cette période ne doit toutefois pas faire oublier l’existence de la France libre, organisée depuis Londres autour du général de Gaulle, qui refuse la défaite et l’armistice.
La mise en place de l’État français
Le régime instauré par Pétain rompt avec les institutions de la Troisième République. Les assemblées parlementaires sont mises à l’écart et le nouveau pouvoir promeut la « Révolution nationale », fondée sur l’autorité, la hiérarchie et une conception traditionaliste de la société. Pétain concentre les pouvoirs exécutif et législatif et gouverne par des actes constitutionnels. Son gouvernement s’installe à Vichy, en zone alors non occupée, même si l’armistice impose à la France de lourdes contraintes et laisse une grande partie du territoire sous contrôle allemand. La souveraineté exercée par Vichy est donc limitée par la présence et les exigences de l’occupant.
La collaboration avec l’Allemagne nazie
Pétain choisit la voie de la collaboration avec l’Allemagne nazie. Sa rencontre avec Adolf Hitler à Montoire, le 24 octobre 1940, symbolise cette orientation. Le régime de Vichy adopte ses propres mesures antisémites, notamment le premier Statut des Juifs du 3 octobre 1940, puis un second statut en juin 1941. L’administration et la police françaises participent ensuite à l’arrestation, à l’internement et à la déportation de nombreux Juifs, ainsi qu’à la répression des résistants et des opposants. Cette politique ne se réduit donc pas à une simple passivité face à l’occupant : l’État français prend des décisions et apporte son concours à la persécution nazie. La collaboration provoque aussi une profonde fracture entre les partisans de Vichy, les résistants de l’intérieur et les forces de la France libre.
La chute de Pétain et son procès
À mesure que les forces alliées progressent en France en 1944, le régime de Vichy s’effondre. Pétain est emmené en Allemagne, puis revient en France en 1945. Il est jugé par la Haute Cour de justice à Paris, et non lors du procès de Riom, qui concernait une autre affaire et s’était déroulé en 1942. Reconnu coupable d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison, il est condamné à mort en août 1945. Le général de Gaulle commue cependant sa peine en réclusion à perpétuité, compte tenu notamment de son âge. Pétain meurt en 1951, après être resté une figure particulièrement controversée de l’histoire contemporaine française. La responsabilité du régime de Vichy dans la persécution et la déportation des Juifs est officiellement reconnue par le président Jacques Chirac en 1995, ce qui contribue à préciser la place de cette période dans la mémoire nationale.
