Quel groupe politique modéré, opposé aux Jacobins, fut proscrit en juin 1793, avant l’arrestation et l’exécution de plusieurs de ses dirigeants ?
La réponse
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En 1793, les Girondins constituent l’un des principaux courants de la Convention nationale. Républicains et révolutionnaires, ils sont toutefois considérés comme modérés par comparaison avec la Montagne, courant auquel appartiennent les députés les plus radicaux. Leur affrontement avec les Montagnards, soutenus par les militants parisiens et la Commune de Paris, aboutit à leur mise à l’écart en juin 1793, puis à l’arrestation et à l’exécution de plusieurs de leurs dirigeants pendant la Terreur.
Un courant politique plus qu’un parti
Le terme « Girondins » désigne un ensemble de députés actifs à l’Assemblée législative, puis à la Convention. Cette appellation vient du fait que plusieurs figures importantes, comme Pierre Vergniaud, Armand Gensonné et Jean-François Ducos, représentaient le département de la Gironde. Elle ne signifie pas que tous les membres du groupe en étaient originaires : Jacques-Pierre Brissot, l’un de ses principaux porte-parole, venait par exemple de Chartres. Les Girondins ne formaient pas un parti organisé au sens moderne du terme, mais partageaient une préférence pour le débat parlementaire, la défense des assemblées élues et une certaine autonomie des départements face à la pression politique de Paris. Beaucoup avaient d’abord fréquenté le club des Jacobins, avant de s’opposer de plus en plus nettement à sa tendance montagnarde.
Des républicains engagés dans la Révolution
Les Girondins ne sont pas des défenseurs de la monarchie et ne rejettent pas la rupture révolutionnaire. Ils participent à la fin de la monarchie et à la fondation de la République en septembre 1792. Leur modérantisme est donc relatif : ils souhaitent préserver la légalité et limiter le poids des insurrections populaires, mais restent favorables à la transformation politique du pays. Contrairement à une présentation parfois simplifiée, ils ne défendent pas non plus une politique étrangère pacifique. Brissot et une grande partie des Girondins soutiennent la déclaration de guerre à l’Autriche en avril 1792, qu’ils considèrent comme un moyen de défendre la Révolution et de révéler les ennemis intérieurs. En janvier 1793, plusieurs députés girondins votent la mort de Louis XVI ; certains demandent toutefois un appel au peuple ou un sursis, ce qui nourrit ensuite les accusations de faiblesse portées contre eux.
La rupture avec la Montagne
Après la proclamation de la République, les tensions s’aggravent entre les Girondins et les Montagnards. Le conflit porte notamment sur le rôle politique de Paris, les mesures économiques et sociales réclamées par les sans-culottes, ainsi que sur la place de la violence révolutionnaire. Les Girondins dénoncent l’influence de la Commune insurrectionnelle et s’en prennent à plusieurs dirigeants montagnards, tandis que leurs adversaires les accusent de vouloir protéger les opposants à la Révolution et de favoriser les intérêts provinciaux. Au printemps 1793, la crise devient ouverte. Après les journées insurrectionnelles des 31 mai et 1er juin, la Convention est encerclée le 2 juin par la garde nationale parisienne commandée par Hanriot. Sous cette pression, elle décrète l’arrestation ou la mise sous surveillance de plusieurs dizaines de députés girondins. Le groupe est ainsi politiquement proscrit, même si tous ses membres ne sont pas immédiatement incarcérés.
Brissot et les exécutions d’octobre 1793
Après leur mise en accusation, certains députés sont arrêtés, tandis que d’autres prennent la fuite et tentent de soulever les départements contre la Convention montagnarde. Jacques-Pierre Brissot est finalement capturé. Pierre Vergniaud et plusieurs autres figures girondines sont également détenus. Le Tribunal révolutionnaire juge en octobre 1793 un groupe de députés accusés de conspiration contre l’unité de la République. Brissot, Vergniaud et plusieurs de leurs compagnons sont guillotinés à Paris le 31 octobre 1793. D’autres Girondins connaissent des destins différents : certains se cachent ou fuient, puis sont capturés ou se donnent la mort. Condorcet, parfois rapproché de leur courant, ne fut pas guillotiné : recherché après la proscription des Girondins, il se réfugia dans la clandestinité et mourut en prison après son arrestation en 1794.
