Seconde Guerre mondiale

Quel groupe de résistants français, dirigé par Jean Moulin, unifia les mouvements de résistance sous l'égide du général de Gaulle?

La réponse

Le Conseil national de la Résistance.

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Le Conseil national de la Résistance, généralement désigné par son sigle CNR, est l’instance qui a rassemblé les principales forces de la Résistance intérieure française pendant l’Occupation. Sa création répond à la nécessité d’unifier des mouvements apparus séparément et de leur donner une représentation politique commune auprès de la France libre dirigée par le général de Gaulle. Jean Moulin, mandaté par de Gaulle, joue un rôle central dans cette entreprise et préside la première réunion du CNR, le 27 mai 1943.

Une Résistance d’abord dispersée

Après la défaite de 1940 et l’instauration du régime de Vichy, des mouvements de résistance se développent dans différentes régions et selon des sensibilités variées. Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur comptent parmi les principaux mouvements de la zone Sud, tandis que d’autres organisations se constituent en zone Nord. Ces groupes diffusent des journaux clandestins, recueillent des renseignements, organisent des évasions et, progressivement, développent des actions de sabotage et de lutte armée. Ils restent toutefois soumis à une forte répression allemande et française. La dispersion de leurs structures complique leur coordination et limite leur capacité à parler d’une seule voix.

La mission confiée à Jean Moulin

Ancien préfet, Jean Moulin est révoqué par le régime de Vichy après avoir refusé de cautionner les exactions commises contre des résistants. Après un séjour à Londres, où il rencontre le général de Gaulle, il est parachuté en France dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, avec le pseudonyme de Rex. De Gaulle lui confie la mission de rapprocher les mouvements de résistance et de les placer sous l’autorité de la France libre. Moulin rencontre leurs responsables, négocie avec des organisations aux orientations politiques différentes et contribue également au rapprochement des principaux mouvements de la zone Sud au sein des Mouvements unis de la Résistance. Son action ne supprime pas l’autonomie des réseaux, mais elle prépare leur rassemblement dans une structure commune.

La fondation du CNR

Le 27 mai 1943, Jean Moulin préside à Paris la réunion constitutive du Conseil national de la Résistance, dans un appartement situé au 48, rue du Four. Cette réunion rassemble des représentants de huit mouvements de résistance, de six partis politiques et de deux organisations syndicales, la CGT et la CFTC. Le CNR est conçu comme une instance de coordination et de représentation politique de la Résistance intérieure. Il doit maintenir le lien entre les mouvements, les partis et les syndicats, soutenir l’action clandestine et préparer le rétablissement de la République après la Libération. Il ne constitue pas un commandement unique contrôlant directement toutes les opérations militaires, car les réseaux conservent leurs structures et leurs responsables propres.

Après Jean Moulin, une continuité politique

Arrêté par la Gestapo le 21 juin 1943 à Caluire-et-Cuire, Jean Moulin meurt quelques semaines plus tard, alors qu’il est transféré vers l’Allemagne. La direction du CNR est ensuite assumée par Georges Bidault, qui contribue à maintenir son activité clandestine malgré les arrestations et les exécutions. Le 15 mars 1944, le CNR adopte son programme, connu sous le titre Les Jours heureux. Ce texte prévoit à la fois le rétablissement des libertés républicaines et un projet de transformation sociale et économique, comprenant notamment la Sécurité sociale, la nationalisation de secteurs stratégiques et de nouveaux droits pour les travailleurs. Le CNR devient ainsi l’un des symboles de l’unité de la Résistance française et fournit un cadre politique de référence au moment de la Libération.

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