Seconde Guerre mondiale

Quel général français, surnommé le Vainqueur de Verdun, fut nommé chef du gouvernement de Vichy en juillet 1940?

La réponse

Philippe Pétain.

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Philippe Pétain est le général français que la mémoire nationale a associé au surnom de « Vainqueur de Verdun ». Héros militaire de la Première Guerre mondiale, il devient, au moment de la défaite de 1940, le dirigeant du gouvernement installé à Vichy. Son rôle pendant la Seconde Guerre mondiale est toutefois indissociable de la mise en place de l’État français et de sa politique de collaboration avec l’Allemagne nazie.

Le héros de Verdun

Né en 1856, Philippe Pétain mène une longue carrière dans l’armée française. En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, il prend le commandement des forces françaises engagées à Verdun. Il contribue à organiser la défense de la ville et devient une figure populaire, présentée comme celle d’un chef soucieux de préserver ses soldats. Le surnom de « Vainqueur de Verdun » lui est alors attribué, même si la bataille est le résultat de l’action de nombreux commandants et de l’ensemble des forces françaises. En novembre 1918, après la victoire alliée, Pétain est élevé à la dignité de maréchal de France.

Le retour au gouvernement en 1940

Pendant l’entre-deux-guerres, Pétain demeure une personnalité militaire de premier plan. Il est notamment ambassadeur de France en Espagne à partir de 1939. Lorsque la France est envahie par l’Allemagne au printemps 1940, Paul Reynaud le fait entrer au gouvernement le 18 mai comme vice-président du Conseil. Après les revers militaires et la démission de Reynaud, Pétain devient président du Conseil le 16 juin 1940. Dans un discours prononcé le lendemain, il annonce qu’il faut cesser le combat et demande les conditions d’un armistice, qui est signé le 22 juin.

La naissance de l’État français

Le gouvernement de Pétain quitte Paris et s’installe à Vichy, ville choisie notamment en raison de ses capacités d’accueil administratives. Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale réunie dans cette ville lui accorde les pleins pouvoirs constitutionnels. Cette décision met fin au régime républicain de la IIIe République et permet la création de l’État français, officiellement dirigé par Pétain à partir du 11 juillet. Le nouveau régime est autoritaire : les institutions républicaines sont écartées et Pétain concentre l’essentiel du pouvoir entre ses mains.

Collaboration et responsabilité historique

L’État français mène une politique de collaboration avec l’Allemagne nazie. Le régime adopte notamment ses propres mesures antisémites, dont le premier Statut des Juifs, promulgué en octobre 1940, sans y être contraint par une ordonnance allemande. Il participe également à la répression des opposants et à la mise en œuvre de politiques qui soutiennent l’occupant. Après la Libération, Pétain est jugé en 1945 pour intelligence avec l’ennemi et haute trahison. Condamné à mort, il voit sa peine commuée en détention à perpétuité par le général de Gaulle et meurt en 1951, toujours incarcéré.

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