Environnement

Quel gaz à effet de serre, émis principalement par les activités agricoles, est responsable d'environ 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ?

La réponse

Le méthane (CH4).

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Le méthane, de formule chimique CH4, est un gaz à effet de serre particulièrement important dans le réchauffement climatique. Il est responsable d’environ 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et provient en grande partie des activités agricoles. Sa durée de présence dans l’atmosphère est plus courte que celle du dioxyde de carbone, mais son pouvoir réchauffant est nettement plus élevé à court et moyen terme. Cette combinaison en fait une cible importante des politiques de réduction des émissions : agir sur le méthane peut produire des effets climatiques relativement rapides, tout en améliorant parfois la qualité de l’air.

Les principales sources agricoles

Dans l’agriculture, le méthane est surtout produit par l’élevage et la riziculture. Les ruminants, comme les bovins, les ovins et les caprins, en émettent au cours de la digestion. Des micro-organismes présents dans leur système digestif décomposent les aliments et produisent du méthane, qui est principalement rejeté par éructation. La gestion des déjections animales constitue une autre source : lorsque les fumiers et les lisiers se décomposent en l’absence d’oxygène, des micro-organismes méthanogènes peuvent générer du CH4. Les rizières inondées favorisent également sa formation. L’eau limite la circulation de l’oxygène dans le sol, ce qui permet la dégradation anaérobie de la matière organique et la production de méthane, ensuite libéré vers l’atmosphère par les plants de riz et la surface de l’eau.

Un gaz puissant à effet de serre

Le méthane absorbe le rayonnement infrarouge et contribue ainsi directement au réchauffement de l’atmosphère. À quantité comparable et sur une période donnée, il réchauffe davantage que le dioxyde de carbone, même s’il reste moins longtemps dans l’atmosphère. Il intervient aussi dans des réactions chimiques qui favorisent la formation d’ozone troposphérique, un polluant nocif pour la santé humaine et les écosystèmes. L’agriculture n’est toutefois pas la seule activité émettrice : l’exploitation, le transport et la distribution des combustibles fossiles, les décharges et le traitement des eaux usées rejettent également du méthane. Les émissions agricoles occupent néanmoins une place centrale dans la question du méthane d’origine humaine, notamment en raison de l’importance mondiale de l’élevage et de la riziculture.

Réduire les émissions

Les moyens d’action dépendent de la source concernée. Dans l’élevage, une alimentation mieux adaptée, certaines solutions visant à réduire la fermentation entérique et une meilleure santé des animaux peuvent limiter les émissions par kilogramme de produit. La collecte et le traitement des déjections permettent également d’éviter leur décomposition incontrôlée ; la méthanisation peut capter le biogaz produit et le valoriser, à condition que les installations soient correctement conçues et exploitées. Dans les rizières, des pratiques qui alternent les périodes d’inondation et d’assèchement peuvent réduire la production de méthane par rapport à une submersion permanente. En dehors de l’agriculture, la détection des fuites dans les infrastructures pétrolières et gazières ainsi que la récupération du biogaz dans les décharges complètent ces efforts. Parce que le méthane agit fortement sur le climat à court terme, la diminution de ses émissions constitue un levier immédiat, en complément de la réduction durable du dioxyde de carbone.

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